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One french translation and a Sapphire Cay bundle walk into a bar...



Today is very busy with two new releases... Le Seul Jour Facile & Sapphire Cay Stories Volume 1

Sapphire Cay Stories, Volume 1


The first three Sapphire Cay books are now available as a buy one get one free bundle...


Follow the Sun | Under the Sun | Chase the Sun

Follow the Sun - Can romance on a tropical island keep Dylan from moving on, and stop Lucas from working himself into an early grave? More on Follow the Sun

Under the Sun - The former Marine and the uptight wedding planner; opposites attract on a sun drenched Cay. More on Under The Sun

Chase the sun - Is meeting each other a case of second chances? Or will history repeat itself? More on Chase The Sun

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Le Seul Jour Facile


And the french transaltion of The Only Easy Day is out as well...

Une jeune fille morte, un témoin apeuré et deux hommes formés en tant que Navy Seals. Que ce soit pour rechercher la justice ou la vengeance, la confrontation finale entre eux sera extrême - explosive.


Dale Mc Intyre, ancien Navy Seal, travaille pour le Sanctuaire. Il est près d'obtenir la preuve dont il a besoin pour prouver que la mort d'Elisabeth Costain a été ordonnée... jusqu'à ce que quelqu'un se mette en travers de son chemin.

Joseph Kinnon, Navy Seal actif, est de retour sur le sol américain pour la première fois depuis des mois et on lui apprend la tragique nouvelle : sa demi-sœur est morte, abattue dans une ruelle par un agresseur inconnu. Il est déterminé à trouver qui l'a tuée... jusqu'à ce que ce quelqu'un se mette en travers de son chemin.

Ils veulent tous les deux que la famille Bullen paie, mais l'un veut la justice et l'autre, la vengeance. Ce qui se passe entre eux, cependant, n'a rien à voir ni avec l'un, ni avec l'autre.

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Le Seul Jour Facile - Le Sanctuaire Tome 2


Une jeune fille morte, un témoin apeuré et deux hommes formés en tant que Navy Seals. Que ce soit pour rechercher la justice ou la vengeance, la confrontation finale entre eux sera extrême - explosive.

Dale Mc Intyre, ancien Navy Seal, travaille pour le Sanctuaire. Il est près d'obtenir la preuve dont il a besoin pour prouver que la mort d'Elisabeth Costain a été ordonnée... jusqu'à ce que quelqu'un se mette en travers de son chemin.

Joseph Kinnon, Navy Seal actif, est de retour sur le sol américain pour la première fois depuis des mois et on lui apprend la tragique nouvelle : sa demi-sœur est morte, abattue dans une ruelle par un agresseur inconnu. Il est déterminé à trouver qui l'a tuée... jusqu'à ce que ce quelqu'un se mette en travers de son chemin.

Ils veulent tous les deux que la famille Bullen paie, mais l'un veut la justice et l'autre, la vengeance. Ce qui se passe entre eux, cependant, n'a rien à voir ni avec l'un, ni avec l'autre.

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Extrait

Chapitre Un

— Chef, localisez-vous pour le CAS.

Le cri passa à travers la ligne, à peine audible au-dessus des coups de feu, et pour l’oreille du Chef, officier supérieur de la Marine, Joseph Kinnon. Le lieutenant était situé plus haut sur la pente raide, coincé dans cette position. Il était maintenu en place par le sifflement et le bruit de balles d’AKA 47 qui déchiraient l’air et étaient crachées à travers les rochers de la montagne, mais son message était fort et clair. Ils étaient pris au piège et seul un appui aérien rapproché allait résoudre ce désastre.

Joseph était de loin le plus proche de l’assaut des forces talibanes et rampait sur son ventre pour obtenir un point de vue, à seulement quelques centimètres au-dessus d’un affleurement rocheux et bien trop exposé à son goût. Mesurant la distance, il rampa en arrière pour passer les données.

— Danger proche, cinq cents, rapporta-t-il succinctement, en glissant sur le côté alors que certains tirs aléatoires frappaient la roche à sa gauche, creusant un chemin dans l’obscurité.

Les informations furent transmises rapidement et la décision adoptée en retour fut tout aussi rapide. Malgré le fait que l’équipe soit verrouillée et si proche de l’objectif, il n’y avait pas d’autre moyen de sortir de cette position. Ils devaient faire appel à un appui aérien rapproché et risquer d’être décimés par des tirs amis ou tués par le groupe de talibans tout proche. Joseph envoya une prière silencieuse au pilote du F -16 dans cet espace aérien pour que ses tirs soient cent pour cent précis. Un mauvais timing avait conduit un groupe de talibans sur le même chemin qu’ils avaient emprunté et la petite équipe des forces spéciales en payait le prix. Pas moyen de se retirer à travers les montagnes, et aucune voie à suivre devant, le journaliste qu’ils étaient venus sauver était plaqué contre le mur avec une expression horrifiée sur son visage. Ils étaient coincés. Un missile bien placé au milieu des forces talibanes et ce serait suffisant pour l’équipe de six soldats et le journaliste d’en faire le point d’extraction.

Le responsable des communications échangea un bref regard avec Joseph. Dexter était son meilleur ami et leur relation datait d’avant leur formation chez les forces spéciales, communément appelé BUD/s. Joseph hocha la tête. Il savait exactement ce qui traversait l’esprit de son ami alors qu’il appelait le système de référence de la grille à dix chiffres pour le commandement. Joseph lut sur ses lèvres tandis que Dexter ajoutait des détails au « danger proche », un truc des forces spéciales pour dire au pilote du F -16 qu’il y avait la possibilité de tuer les bons gars aussi. Dexter esquiva alors que les Talibans concentraient leurs tirs sur le groupe de rochers derrière lui. Ils ne pouvaient pas savoir exactement où il était, mais même un tir aléatoire envoyait des balles trop près pour leur confort. Joseph roula sur le côté et axa ses tirs sur les éclairs provenant des forces en dessous d’eux. Il espérait juste que ce serait suffisant pour donner à Dexter suffisamment de temps pour compléter son message sur la radio Ultra Hautes Fréquences.

Enfin, Dexter fit passer le message à toute l’équipe, le lieutenant hocha la tête et indiqua de la baisser. La bombe serait lancée dans trois minutes. Joseph ne cessa pas son tir ciblé et pendant quelques minutes, jusqu’à ce que la « bombe soit sur cible », lui et le reste de son équipe allaient s’assurer que les tirs soient concentrés sur eux.

Le journaliste avait été facile à extraire. Pris en otage par les Talibans, ils l’avaient retenus prisonnier dans une maison sécurisée dans les montagnes d’Afghanistan. Les Services Secrets avaient informé l’armée de sa location et ils avaient établi une configuration de ses ravisseurs. Une fois faite, Joseph et son équipe avaient été largués à cinq kilomètres de distance, de l’autre côté de la crête d’une montagne. Cela avait été, d’après les termes des SEALS, une extraction facile et le journaliste était non seulement toujours en vie, mais était capable de marcher et s’en était sorti relativement indemne.

Puis l’enfer s’était déchaîné. Avec rien de plus qu’un mauvais timing, soudain, l’équipe se retrouvait épinglée par un grand nombre de Talibans paniqués venant à eux avec un barrage de tirs d’armes légères. Ils étaient foutus. Dexter signala un « un » à Joseph et aux autres. On y était. Cela allait être soit une victoire soit un échec retentissant ; quelle belle façon de mourir. Fuentes était près du journaliste, leurs visages face à la paroi, accroupis dans un fossé naturel formé par une fissure de terre entre les rochers. Dexter roula et se mit à l’abri parmi les rochers éparpillés autour de lui. Le lieutenant et le reste de l’équipe maintenaient un feu nourri jusqu’à ce que, un par un, ils se mettent également à l’abri. Cela n’aurait eu aucun sens de donner l’idée aux Talibans que quelque chose allait tomber en cessant le feu et, finalement, il n’y eut plus que Joseph qui tirait dans l’obscurité, de manière aléatoire. Il jeta un coup d’Å“il à Dexter qui leva son poing et indiqua cinq. Joseph décompta et à un, il se mit à l’abri, se recroquevillant sur lui-même, sa tête nichée au sol, chaque partie de son corps abritée par un rocher afghan.

Aucun bruit n’indiqua le ciblage de la bombe de deux cent vingt kilos, mais quand elle frappa les Talibans, ce fut mortel et rapide. Des ondes pressèrent les tympans de Joseph et il ferma involontairement les yeux. L’air ondoya à cause d’elles et le bruit d’un violent rugissement de tonnerre ébranla la terre. Alors que des débris jaillissaient dans l’air, l’onde de pression de bas niveau déferla sur l’équipe des SEALS, mais il n’y avait pas de temps pour s’asseoir et attendre de voir si le tir avait trouvé sa cible. Joseph fut le premier, le plus près des insurgés et, arme au poing, il se laissa glisser au bas de la montagne en ruine. Le missile avait fait son travail, mais Joseph ne vérifiait pas cela. Il voulait que tout soit dégagé et, à part quelques tirs résiduels, il indiqua à l’équipe qu’elle pouvait suivre. Il y avait encore quelques tirs d’armes légères provenant de quelques Talibans survivants, mais rien que les SEALS ne puissent pas gérer, esquivant les tirs et courant avec le journaliste pour atteindre le centre. Dexter appela pour l’extraction finale et quand Joseph se laissa tomber dans le CH-47 Chinnok, il ferma les yeux. Il lui faudrait plusieurs jours avant que ses oreilles reviennent à la normale. L’hélicoptère plongea ensuite, prenant un large chemin au-dessus des plaines d’Afghanistan.

— Alors, commença Dexter en un cri qui retentit dans les oreilles abîmées de son équipe. Je pense que je vais demander à Emily de m’épouser.

Et voilà. La normalité après avoir affronté le chaos et la mort. C’était ce que faisaient les SEALS. Ils se battaient, ils extrayaient et ils étaient les meilleurs. Mais, à la fin de la journée, ils avaient survécu et étaient encore en vie. Écoutant alors que son meilleur ami recevait les conseils de l’équipe quant à la meilleure façon de faire sa demande, Joseph eut un pincement au cÅ“ur. L’adrénaline qui coulait en lui s’estompait et la réalité de sa vie la remplaçait dans chacune de ses cellules.

Un appartement vide et un mois de sommeil. Le sommeil paraissait bien, mais la partie vide ? Ça ressemblait à de la merde.



***



Le pont du C-17 était sacrément gelé et, non pas pour la première fois en huit heures d’enfer, Joseph souhaita avoir deux tapis de sol sous lui et non seulement un. La base aérienne de Ramstein était peut-être à cinq heures derrière lui, mais cela voulait dire encore au moins deux ou trois de plus avant d’atterrir à la station Oceana Naval Air sur la côte Est. Il était censé dormir encore – ce qui était la seule chose à faire avec cette immobilisation forcée. L’Ambien avait apparemment perdu depuis longtemps sa capacité à le faire dormir et il était maintenant pratiquement réveillé. Tout le monde voulait rentrer à la maison, mais il y avait des moments comme celui-ci où il souhaitait, grâce à un moyen magique, cligner des yeux et se retrouver soudain dans son propre lit. L’espace exigu imposé était nécessaire s’il voulait rentrer à la maison, mais il était un homme d’action et tous les clichés s’appliquaient à lui à la pelle. Il n’était pas homme à rester tranquillement assis, il était celui qui se promenait. Il ne marchait jamais, il courait toujours. Supporter ça jusqu’à ce qu’ils atterrissent était sa seule option. Pourtant, il était suffisamment fatigué pour s’autoriser une faible quantité d’auto-indulgence envers sa misère à cause du froid, de l’odeur et des douleurs qui filtraient malgré sa détermination à ne pas se plaindre.

Sa hanche lui faisait mal d’être allongé sur son côté droit tandis qu’ils traversaient l’océan, loin de Basram vers l’Allemagne et, avec seulement quelques heures de repos, vers le continent américain. Il était un SEAL et son corps avait souvent traversé l’enfer, certainement pire que l’inconfort de dormir à bord d’un avion-cargo C-17. La pensée de ce qu’il faisait habituellement subir à son corps et à combien de douleur il pouvait supporter sans broncher l’amusait quand tout ce à quoi il pouvait penser maintenant était à combien il avait mal partout. Dieu merci, toutes ces petites vibrations de l’avion avaient diminué dès qu’ils avaient atteint leur altitude de croisière. Il détestait la façon dont le vrombissement des énormes moteurs parcourait son corps et le secouait jusque dans la moelle de ses os. Vingt-six ans et son corps lui donnait l’impression d’en avoir quarante.

Maudissant son incapacité à dormir, il roula à moitié pour soulager la pression sur sa hanche et s’arrêta seulement quand il sentit l’un des membres de son équipe derrière lui. Il ne pouvait même pas se souvenir de qui occupait l’espace là, mais d’après le ronflement, il présuma que c’était Dexter. Son meilleur ami surveillait toujours ses arrières depuis qu’il avait six ans et l’avait fait jusqu’à ce qu’ils s’évanouissent la même semaine lors du BUD/s. Serrant les dents, et avec le réconfort de la respiration de son meilleur ami, si évidente derrière lui, Joseph détendit chacun de ses muscles, ignorant résolument la ceinture avec ses caméras multiples qui creusait dans sa peau. Il retrouva finalement cet endroit en lui qui lui avait permis de dormir perché sur des rochers ou dans des grottes avec des attaques aériennes striant le ciel. Il se dirigea vers ce lieu unique et vital où les soldats dans des zones de combat se retrouvaient, où ils espéraient être en sécurité.

L’évolution dans le bruit du moteur fut la première indication qu’ils étaient en attente et il se réveilla, se mettant en position accroupie, reprenant instantanément conscience. De toute évidence, il avait réussi à fermer les yeux pendant quelques heures de plus, certainement dû à son état de choc. Un éclair d’excitation le parcourut à la pensée de revoir le sol américain à nouveau et il s’étira largement pour mettre au point certains des détails. Dormir dans un lit, manger de la nourriture qui ne sortait pas d’un plastique et pour prendre une bouffée d’air, ce que les trente prochains jours allaient être. En solitaire ou non.

— Merde !

Les mots furent marmonnés dans un état de demi-sommeil, ce qui était le premier signe que Dexter s’était sorti d’une brume liée à un Ambien et aux analgésiques. Joseph se déplaça du mieux qu’il pouvait pour faire face à son ami et laissa échapper un rire à la vue qui s’offrait devant lui. Dexter avait pris un coup au visage par des pierres volantes et les ecchymoses étaient mauvaises. La zone autour du nez de son ami était tellement gonflée que ça le faisait loucher et que ses yeux étaient seulement à moitié ouverts.

— Tu as vraiment une sale gueule, commenta sèchement Joseph.

— Va te faire foutre ! répondit Dexter.

— Quand Emily va te voir, elle va décider de m’épouser à la place.

— Certainement pas ton cul de gay, le contra Dexter.

Joseph se mit à rire. Toute son équipe était au courant de ses préférences sexuelles. Ce n’était pas qu’il l’avait dit à tout le service, mais les SEALS se faisaient mutuellement confiance. Votre équipe était votre vie et la tenait entre ses mains. Pas une seule personne dans l’équipe ne le jugeait pour autre chose que ses compétences et l’acceptation des SEALS qu’un jour ils pourraient mourir les uns pour les autres. Autour de lui, le reste de l’équipe commença à ranger les sacs de couchage dans leurs paquetages et Joseph jeta un bref coup d’Å“il sur Adams, qui restait au stade vert d’un sevrage d’alcool/Ambien mélangé, mais qui réussissait, en quelque sorte, à arborer un large sourire éclatant. Tandis que le C -17 s’inclinait pour l’approche finale, Joseph se remit dans son fauteuil. L’atterrissage fut tout en douceur, le mouvement de balancement lorsque les freins furent engagés provoqua des secousses, mais le fait qu’il s’arrête de lui-même était paradisiaque. L’avion roula sur le tarmac pour la fin de son voyage à 01.00 heure, puis le petit groupe de SEALS débarqua péniblement de l’avion.

Quand vint le moment du débarquement, Joseph ne s’était jamais senti aussi heureux que les SEALS n’aient jamais eu à partager l’avion avec autre chose que quelques gars de soutien au combat. Les six hommes qui descendirent de l’avion rendaient la vie beaucoup plus facile qu’un avion plein de troupes. Dès que ses pieds bottés touchèrent l’asphalte, Joseph inspira profondément l’air frais de la Virginie. Tout le monde se tint absolument immobile pendant quelques secondes et Joseph jeta un regard critique sur chaque homme. En dehors de Dexter et de son nez, l’équipe des six hommes, grâce à un peu de chance et beaucoup d’habileté, était revenue presque indemne. Et la manière dont chacun se tenait si résolument immobile signifiait qu’il n’était pas le seul à être heureux qu’ils reviennent tous vivants.

Les réactions de l’équipe au fait de rentrer à la maison variaient, de l’excitation à la résignation bien-trop-épuisés-pour-l’enregistrer. Les débarquements de nuit étaient toujours les mêmes. D’un accord tacite, le petit groupe commença à prendre le chemin vers l’entrée principale où ils trouveraient un moyen de se rendre vers l’endroit où ils avaient chacun besoin de se rendre. Certains, comme Dexter et lui, avaient des appartements à proximité, d’autres avaient des chambres dans de grandes maisons. Tout était bon pour rappeler qu’ils n’étaient pas encore en congé. Dexter et lui marchaient côte à côte, alors que les SEALS se dirigeaient vers la zone désignée comme point de ralliement.

— Merde ! Le Commandant est là.

Le juron de Fuentes l’arrêta dans son élan. Joseph sursauta à la déclaration qui déborda de la bouche de la nouvelle recrue de l’équipe. Les mots étaient teintés de la crainte du néophyte que le commandant soit présent à leur arrivée à la maison. Joseph fut instantanément vigilant et essaya de deviner qui le commandant regardait. L’équipe avait en général le temps de souffler un peu avant les trucs officiels commencent, mais si le commandant était présent, se tenant là silencieusement et attendant leur arrivée, cela ne pouvait signifier qu’une seule chose. Qu’il avait de mauvaises nouvelles pour l’une des six personnes de l’équipe.

Quelque chose s’était passé pendant qu’ils étaient déployés et, pour l’un d’entre eux, la vie avait en quelque sorte changée, pendant qu’ils étaient hors de portée.

— Merde !

Même avec son nez cassé, Dexter prononça ce seul mot très clairement avec une pointe de peur. Dexter avait non seulement une petite amie depuis longtemps, mais deux parents vivants et cinq frères et sœurs avec les partenaires et les enfants associés. Bon sang ! Non, pas Dexter.

Le lieutenant leva une main pour arrêter l’équipe, puis se dirigea rapidement vers l’avant pour se tenir coude à coude avec le commandant. Ils parlèrent brièvement et le lieutenant se retourna vers ses hommes une expression de résignation sur le visage.

— Chef Kinnon, commenta-t-il fermement. Allez avec le commandant.

Tout le monde de Joseph s’effondra, et il empoigna aveuglément le bras de Dexter. Celui-ci fit un pas en avant pour l’accompagner, mais il lui fit signe de s’arrêter.

— C’est bon, le rassura-t-il en libérant son bras.

Ce n’était pas bon. C’était même très loin d’être bon. Il avait seulement quelques personnes, en dehors de son équipe qui signifiaient quelque chose pour lui. Quelque chose était-il arrivé à sa mère ? C’était la seule chose à laquelle il pouvait penser, la seule famille qu’il avait et le fait que son commandant se tienne là, attendant de lui annoncer une mauvaise nouvelle était injuste.

Il fit les quelques pas vers le commandant, un grand homme imposant avec un visage sculpté dans la pierre. Le commandant Finch n’était pas devenu un commandant des équipes d’élite des SEALS en étant un bon gars. Il y avait de la tension, de la passion et de la loyauté, le tout enveloppé d’une présence imposante.

— Chef Kinnon.

— Monsieur.

— Marchez avec moi, fils.

Seules sa formation et son obéissance aveugle empêchèrent Joseph de se figer au milieu de ce foutu aérodrome, refusant de bouger et exigeant des réponses tout de suite. Ils arrivèrent à une porte et entrèrent pour s’avancer dans un coin ombragé de l’immense hangar. L’éclairage diffus était suffisant pour voir la compassion affichée sur le visage du commandant.

— Je suis désolé d’être celui qui doit vous dire ceci, Joseph. Pendant que vous étiez à l’extérieur, votre demi-sÅ“ur est décédée.



Chapitre Deux

— Elisabeth ?

Bien sûr, Elisabeth. Il n’avait qu’une seule demi-sÅ“ur. Quand sa mère s’était remariée deux ans auparavant, il en avait hérité ainsi que d’un beau-père, Harvey Costain. Il ne les connaissait pas très bien. Il n’était jamais resté suffisamment longtemps pour former un véritable lien, mais, bon sang, sa mère et Harvey devaient être dévastés.

— Je vous présente mes condoléances.

— Que s’est-il passé put… que diable ? Monsieur.

Il ajouta le « monsieur » tardivement, alors que sa formation lui revenait en force.

— La police procède à une enquête pour assassinat.

— Assassinat ?

Joseph laissa tomber son sac sur le sol alors que toute l’énergie qui lui restait était totalement drainée hors de lui.

— Comment ? Qui ?

— Si cela peut vous consoler, cela a été rapide, et elle n’a pas été… blessée d’une quelconque autre manière.

Consolation ? Rapidement n’était pas une consolation pour n’importe quelle famille. Un jour, cela le serait peut-être. Mais maintenant ? Rien ne pouvait rendre cela plus facile à entendre.

— Elle venait pour rester – nous n’étions pas proches – mais elle voulait passer du temps avec moi…

Il était décousu. Pourquoi diable disait-il tout ça à un homme qui n’avait pas besoin de l’entendre ? Il pouvait s’entendre lui-même parler, mais le choc pesait lourdement sur lui et soudain, les mots s’arrêtèrent. L’émotion comprima sa gorge. Ce congé était censé lui permettre de jouer enfin le rôle de grand frère, peut-être même de donner une signification à sa vie. Et d’après ce qu’elle avait dit, à la vie d’Elizabeth également. Elle l’avait appelé et avait laissé des messages quand il était revenu la dernière fois, disant qu’elle avait besoin d’un ami, d’un frère, avait dit que cela faisait trop longtemps depuis que leurs parents s’étaient mariés et qu’ils devaient nouer des liens. Son commandant parlait toujours avec ce ton uniquement réservé à ceux qui devaient distribuer de mauvaises nouvelles sur une base régulière. Douce et lente et si foutrement compréhensive.

— Y a-t-il quelqu’un qui peut vous aider ? Je peux assigner quelqu’un pour faire la liaison avec la famille…

— Non, répondit rapidement Joseph.

C’était sa famille et il n’avait pas besoin d’une liaison, d’un support ou de n’importe laquelle de cette merde officielle. Ses épaules étaient bien assez larges pour gérer ce que la vie avait mis en travers de son chemin. Ce ne serait pas différent. Priorités. Tout était une question de priorités pour donner un sens au bourdonnement dans sa tête. Des informations pour commencer. Un SEAL ne faisait rien sans collecter des renseignements pour sauvegarder une mission. Téléphoner à sa mère pour savoir quand c’était arrivé et pourquoi c’était arrivé. Repoussant la vague soudaine de douleur qui forçait son chemin en lui, il revint à son entraînement.

— Pouvez-vous vous assurer que Dexter voie un médecin, monsieur ? Et dites au lieutenant que je serai de retour à l’issue des trente jours réglementaires.

— Je le ferai. Et Joseph ? Entre vous et moi, si vous prévoyez de…

Il marqua une pause.

— … Faire quoi que ce soit, alors faites juste attention. Bonne chance, fils.

C’était une course d’un peu plus de six kilomètres jusqu’à son appartement de Virginia Beach. Moins de vingt minutes et il serait chez lui. Une heure et il aurait douché l’Afghanistan de sa peau, rasé son visage et fait un sac. Trois et il atteindrait Albany pour trouver des réponses.



***



Son appartement était tel qu’il l’avait laissé : vide et propre. Dans un état second, il s’occupa de retrouver l’homme sous les couches de crasse. Raser la barbe qui protégeait sa peau en dessous, supprimer le personnage du soldat à chaque coup de rasoir et l’eau de la douche était froide avant qu’il sorte de la cabine. C’était un rituel, c’était normal et, pour quelques minutes, il trouva du réconfort dans la répétition d’actions qui l’ancrait dans le présent. Il entendit son portable sonner, mais n’y répondit pas, le laissant juste en charge puisqu’il était à plat de ne pas être utilisé et ne montrait qu’une seule barre de charge. Il savait que Dexter allait essayer de le contacter, mais jusqu’à ce que son paquetage soit prêt et qu’il soit sur la route, il n’était pas prêt à répondre à ses questions. Dexter arrêta d’appeler, au lieu de cela, il envoya un simple message « appelle-moi », Joseph savait que c’était la manière de son ami d’offrir un soutien inconditionnel et montrer qu’il patienterait et attendrait que Joseph fasse le premier pas.

Vêtu d’un jean, d’un tee-shirt et d’une veste qu’il avait attrapée dans son armoire, il vérifia qu’il avait son portefeuille, ses clefs et son sac. Verrouillant la porte et se dirigeant vers sa vieille Jeep, il espéra qu’elle démarrerait après être restée immobilisée pendant aussi longtemps. Le tas de ferraille démarra au troisième tour, juste au moment où Joseph pensait que sa chance pourrait bien être épuisée. Trois heures trente-cinq du matin et il se dirigeait vers le nord, sur l’autoroute 13.

Il en connaissait un sacré rayon sur le fait d’être en état de choc. La mort et les mourants et ceux qui regardaient… Il avait vu l’horreur de tout cela, et aussi détaché qu’il devait l’être, il pouvait catégoriser chaque unique nuance d’incrédulité et de douleur. Rien de ce qu’il savait n’était à mi-chemin de la réalité quand il se souvenait de sa demi-sÅ“ur. Il fit un arrêt pour refaire le plein de carburant et acheta une barre de protéines et une bouteille d’eau. Il ne pouvait plus retarder l’inévitable plus longtemps et, avec le cÅ“ur lourd, il composa le numéro qu’il connaissait par cÅ“ur. Sa mère répondit à la troisième sonnerie. Preuve que cela n’avait pas d’importance à quel moment de la journée il appelait, elle avait toujours un téléphone auprès d’elle.

— Joseph, dit-elle calmement. Te l’ont-ils dit ?

— Je suis tellement désolé, maman. Comment va Harvey ?

Joseph était un maître pour ce qui était de changer de sujet et sa mère ne le rappela pas à l’ordre là-dessus.

— Dévasté. Le cÅ“ur totalement brisé. Nous avons eu des journalistes qui ont appelé pour des interviews et des gens qui nous ont traqués, prenant des photos. Cela s’est arrêté seulement le mois dernier.

Le mois dernier ? Pourquoi diable cela avait-il suscité autant d’attention ?

— Nous avons essayé de te le faire savoir. En le transmettant aux bonnes personnes. Ils ont dit qu’ils te le feraient savoir quand tu serais de retour aux États-Unis.

Cela paraissait juste. Joseph et le reste de son équipe étaient souvent en dessous du radar et hors de portée. C’était une procédure standard pour prendre contact quand cela ne compromettait pas ce que faisaient les SEALS.

— Peux-tu lui dire combien je suis désolé pour sa perte ? offrit gentiment Joseph.

Il avait beaucoup de respect pour Harvey et sentait la douleur que l’autre homme devait traverser.

— Je le ferai… Attends…

Joseph entendit le téléphone être passé à quelqu’un d’autre, et présuma que c’était Harvey.

— Joseph ?

— Je suis désolé pour ta perte.

Cela lui paraissait injuste de dire notre perte. Harvey avait perdu un enfant, sa fille et il devait avoir l’impression d’approcher la fin des temps. Joseph avait simplement perdu quelqu’un avec qui il avait commencé à devenir ami. C’était un tout autre monde de douleur.

— Où es-tu, fils ?

Harvey paraissait épuisé et Joseph ne se hérissa pas au terme de « fils ». Il ne l’avait jamais fait. Quand sa mère avait rencontré Harvey, c’était presque comme si Joseph pouvait enfin se détendre, sûr qu’il allait veiller sur sa mère. Cela semblait réel. Comme une famille. Il avait même reçu une sÅ“ur toute prête. Harvey avait été plus un mari pour sa mère dans ces deux courtes années que le véritable père de Joseph ne l’avait jamais été. Il n’était rien de plus qu’un donneur de sperme quand sa mère avait seize ans. Devait-il mentir ? Dire à Harvey qu’il était sur une base, sur le point de repartir ? L’homme l’arrêterait-il pour ce qu’il voulait faire s’il admettait effectivement qu’il avait l’intention de se lancer à la poursuite de cet assassin ? Harvey pouvait très bien avoir déjà repris ses émotions en main après avoir perdu sa fille, ce qui ne comprenait probablement pas le fait de se jeter au beau milieu d’une enquête pour meurtre, comme Joseph en avait l’intention.

— En route pour Albany, sur la 13, admit-il finalement.

— Que vas-tu faire ?

Il y avait de la tension dans la voix d’Harvey, mais aucune accusation ni mot pour mettre les actions de Joseph en attente. La ligne devint silencieuse et il aurait voulu voir l’expression d’Harvey. Avait-il additionné deux et deux ? L’homme doux était-il horrifié ou soulagé que Joseph se rende à l’endroit où sa fille avait été tuée ? Le fait qu’Harvey et sa mère vivaient en Floride n’avait jamais fait paraître Miami aussi loin.

— Je vais découvrir pourquoi ma demi-sÅ“ur est morte, dit-il très simplement.

Harvey soupira bruyamment et sa mère fut de retour au téléphone en quelques secondes. Elle avait vu Joseph s’engager dans la Marine, devenir un SEAL, et être envoyé à l’étranger. À chaque fois, elle lui avait adressé un geste de la main avec un sourire et la promesse qu’elle serait là lorsqu’il reviendrait. Elle savait que c’était ce pour quoi il avait été formé et il était parfaitement conscient que cette fois ne serait pas différente.

— Que vas-tu faire, Joseph ?

— Trouver qui a tué Elisabeth et pourquoi.

Il ne s’attendait pas à ce qu’elle l’empêche de suivre cette voie, mais il était conscient qu’elle aurait quelque chose à dire sur la question.

— S’il te plaît, Joseph… Sois prudent. Ceci est un genre de mal très différent que celui auquel tu es habitué.

— Je suis toujours prudent, maman.

Il était bon pour la rassurer.

— Comment pouvons-nous aider ?

Il pouvait faire confiance à sa mère pour lui couper la chique. Il voulait demander plus de renseignements à propos du cas lui-même.

— Si ce n’est pas trop difficile, peux-tu me dire ce qui s’est passé ?

— Nous n’en savons pas beaucoup plus que ce qu’il y a eu dans les journaux. Elisabeth a été assassinée dans une ruelle à l’arrière d’un hôtel, près de son domicile et le tireur était un flic. L’affaire a été déclarée close parce que le flic… Gareth Headley… a admis ce qu’il avait fait et qu’il paie maintenant pour ses actes. Harvey voulait rester à Albany et trouver pourquoi le flic a risqué tout ce qu’il avait pour tuer quelqu’un, mais son cÅ“ur…

Sa mère avait rencontré Harvey en faisant du bénévolat dans l’unité cardiaque de l’hôpital local. Il était peut-être seulement dans le début de la cinquantaine, mais comme il le disait lui-même, il prenait suffisamment de médicaments pour réveiller les morts.

— C’est assez pour que je puisse commencer.

— Vas-tu nous appeler quand tu auras quelque chose ?

— Je le ferai, maman.

L’appel prit fin avec l’habituel au revoir. Quoi qu’il soit arrivé à Elisabeth, il avait trente jours pour trouver la réponse. Celui qui avait blessé sa demi-sÅ“ur – l’avait tuée – n’allait pas s’en sortir avec ça. Justice serait faite. De ceci, il en était certain.



Chapitre Trois

— J’ai les yeux sur la cible.

Dale MacIntyre s’éloigna du mur lorsque les mots atteignirent son oreille.

— Entrée Ouest. Il est seul.

Un frisson d’appréhension courut le long de sa colonne vertébrale tandis qu’il jetait un coup d’Å“il autour de lui. L’entrée Ouest était la plus fréquentée du centre commercial et la ruée d’humains qui s’empilaient dedans et autour de lui, rendait difficile l’identification du sujet. Il avait des photos, des images prises sur des albums scolaires et quelques photos granuleuses prises par des caméras de surveillance, mais il se demandait combien au juste ce serait facile d’identifier Robert Bullen dans cette mer de visages.

Nik avait rendu cela facile, le logiciel de reconnaissance faciale qu’il utilisait reconnaîtrait immédiatement Robert.

— Veste bleue, jean, cheveux foncés. Un mètre soixante-dix-huit, confirma Nik dans l’oreillette de Dale. Il porte un sac de sport.

Dale s’installa à côté du groupe de mamans et de tout-petits qui avaient décidé de se rassembler dans ce qu’il pensait être son coin, puis jeta son café à moitié terminé dans la poubelle. Les yeux concentrés sur les nouveaux arrivants, il vit enfin quelqu’un passer par la porte d’entrée principale et qui correspondait au profil qui lui avait été donné. Quand l’homme tourna la tête, clairement à la recherche de quelqu’un dans la foule de gens, Dale obtint une vision complète de son visage. C’était certainement son gars, Robert Bullen, vingt et un ans, ce qui le faisait plus jeune que Dale de huit ans et probablement moins prudent de huit ans également. L’idiot se tenait là, debout, jetant un coup d’Å“il autour de lui, comme s’il avait tout le temps du monde et qu’il ne se souciait pas de qui le voyait.

Prudemment, Dale se mit à se tracer un chemin à travers la foule et, lentement mais sûrement, s’arrêta au côté de Robert.

— Café ? dit-il fermement.

Robert se retourna et Dale grimaça intérieurement à la lueur d’effroi contenue dans ses yeux. Le comportement du jeune homme n’était pas exactement celui d’une personne qui avait confiance en ce qu’il faisait.

— Êtes-vous…

— Par ici, l’interrompit rapidement Dale, et le guidant de sa main, il encouragea Robert vers le Starbucks le plus proche.

Commandant un café avec Robert à son côté, pratiquement rigide de tension, c’était un exercice que de garder sa bouche fermée. Ce qu’il pouvait dire, c’était que plus Robert dansait d’un pied sur l’autre et plus il paraissait soupçonneux. Ce ne fut que lorsque son regard croisa celui de Robert qu’il vit une peur réelle dans les profonds yeux bruns du jeune homme, ce qui alluma une petite étincelle de compassion qui grandit à l’intérieur de lui. Robert Bullen faisait peut-être partie de la nouvelle génération à être préparée pour leur rôle dans la famille Bullen, mais cela ne voulait pas dire qu’il ne méritait pas au moins d’être entendu.

— As-tu pris contact ?

La voix de Nik le fit sursauter. Pendant un moment, il avait oublié l’équipe des deux hommes qui surveillait ses arrières.

— Je l’ai, répondit-il. Starbucks.

— À qui parlez-vous ?

Robert semblait nerveux, comme il devrait l’être.

— Contrôle. Ils gardent un Å“il sur vous et sur quiconque aurait pu vous suivre.

— Qui ? Personne ne me suit. Je m’en suis assuré.

La voix de Robert contenait une absolue conviction.

— Êtes-vous vraiment aussi naïf ? répliqua sèchement Dale, de manière tout aussi rapide.

Il ne voulait pas se montrer aussi cassant, mais que diable pensait le gamin concernant l’affaire dans laquelle il était impliqué ?

— Votre père est à la tête de la famille Bullen et votre oncle est sénateur à New York. Ces deux-là font que vous risquez d’être sous surveillance.

Une vague de peur envahit l’expression de Robert en un instant et Dale sentit un pincement de remords. Ses compétences sociales avec les gens étaient vraiment foireuses.

— Je dois aller…

Robert voulut se lever, mais Dale saisit sa main et l’arrêta.

— Putain, asseyez-vous ! ordonna-t-il entre ses dents serrées.

— S’ils découvrent…

— Qui, Robert ? Qui vous effraie ? Votre oncle ou votre père ?

— Papa. S’il apprend que je vous parle…

— Quoi ? Il va arrêter de vous verser votre argent de poche ?

Bon sang, qu’est-ce qui lui avait pris de dire ça ? Le gamin ne méritait pas ce sarcasme.

— Allez vous faire foutre ! cracha Robert d’une voix furieuse. Il est mon père biologique, mais ça ne veut pas dire que je suis insensible à ce qu’il fait ou à qui il est.

— Écoutez, je suis désolé…

— Je n’accepte rien venant de lui !

— D’accord. Mais vous vivez avec lui, dit Dale d’un ton plat.

Encore une fois, Dale identifia une certaine vulnérabilité dans les yeux de Robert et son cÅ“ur endurci se fêla un peu. Il pouvait agir comme un gamin dur et rude, mais Dale en savait plus sur Robert que le jeune homme ne pourrait jamais imaginer. Il savait que sa mère était morte, tuée dans un accident de voiture quand il avait quatre ans. À toutes fins utiles, Gregory Bullen avait déclaré avoir perdu sa femme et son enfant dans cet accident. Comment Robert avait survécu et ce qui était arrivé ensuite étaient quelque chose sur lequel le Sanctuaire travaillait activement et enquêtait. Cela pourrait devenir une partie importante de toute cette affaire. Robert avait seulement renoué avec son père quand il avait eu vingt-et-un ans et qu’il était entré en possession de renseignements indiquant que les gens qu’il avait appelé papa et maman n’étaient en fait, pas ses parents biologiques. Dale savait que le jeune homme vivait avec son père, Gregory Bullen, dans la maison familiale des Catskills depuis les six derniers mois. Merde ! Il savait même ce que Robert avait étudié à l’université. La seule chose qu’il ne savait pas c’était ce que Robert voulait partager ni pourquoi il avait pris contact avec le Sanctuaire.

— J’ai mes raisons de rester.

Robert secoua la tête comme si ses pensées intérieures n’avaient aucun sens pour lui.

— Mais ce sont mes raisons.

— Alors que diable, devez-vous me dire ?

Robert sembla momentanément surpris par l’intensité du ton de Dale, mais il le dissimula en plongeant dans son regard.

— Le procureur ne vous a rien dit ? J’ai contacté… euh…

Il tira une feuille de papier de sa poche.

— Lissa MacIntyre. Elle m’a donné ce numéro.

— Putain, gamin !

Dale arracha le papier des mains de Robert.

— Vous ne pouvez pas vous promener avec les coordonnées de l’assistante du procureur dans votre poche.

Celles de sa sœur.

— Je suis désolé.

— Pourquoi n’avez-vous pas directement approché le FBI ?

L’expression de Robert se durcit et soudain, il parut bien plus vieux que vingt-et-un ans.

— Ils ne m’ont pas aidé quand je les ai approchés. J’avais des informations pour eux à propos de l’accident, concernant ma mère. Ce n’était peut-être que des soupçons et une lettre brève qu’elle m’a laissée, mais ils ont tout rejeté d’emblée.

Dale doutait qu’ils aient totalement rejeté le gamin. Le FBI n’était pas stupide et avait probablement mis le gamin sous autant de surveillance que la famille Bullen le faisait. Tout lien vers les Bullen serait utilisé par le gouvernement fédéral. Il savait pertinemment que les fédéraux étaient à la recherche d’un moyen pour faire céder la famille Bullen et pour savoir d’où venait la fuite dans leur bureau. C’était seulement quand quelqu’un avait attenté à la vie de Morgan Drake, le seul témoin d’un meurtre, que le FBI avait été convaincu qu’ils avaient des problèmes internes. Le même Morgan Drake qui était maintenant assis dans la fourgonnette de surveillance à écouter tout cela avec son amant, Nikolaï Valentinov.

Robert arrêta de parler comme si ce qu’il avait dit expliquait pourquoi aller vers une agence officielle était mieux que l’unité du crime organisé du FBI. Pendant une seconde, Dale envisagea de le pousser un peu plus pour recueillir d’autres informations, mais il savait que le temps était compté. L’Ops du Sanctuaire avait désigné Nik à la surveillance et Robert avait certainement été suivi. Dale avait espéré que se fondre dans la foule, à l’arrière d’un Starbucks leur laisserait assez de temps pour parler.

— Je ne sais pas si tout cela va aider, déclara Robert. Je ne devrais pas faire ça. Cela compromet tout et j’ai encore des choses que je suis en train de faire.

— Écoutez, gamin…

— S’il vous plaît, écoutez-moi. Il y avait cette fille… cette femme. Elle travaillait pour mon oncle et elle était mon amie. Elle avait l’habitude de venir à la maison et nous parlions. Elle s’appelait Elisabeth et elle était gentille. Elle était ma…

Robert fit une pause et ses lèvres se tordirent en une parodie de sourire.

— … Petite amie, je suppose.

Dale repoussa la montée d’adrénaline qui l’avait inondé au nom d’Elisabeth. Au lieu de cela, il se concentra sur le fait que Robert n’utilisait pas les mots que Dale associait à la passion ni à quoi que ce soit d’approchant. Il y avait une certaine affection dans la voix de Robert, mais rien de plus. Alors peut-être que le fils du gangster et Elisabeth étaient un élément, mais il y avait quelque chose d’autre ici.

— Petite amie ?

Ça, c’est une surprise.

— Elle gardait mes secrets concernant mon oncle et mon père… Merde !

Il se reprit à ces mots et releva son regard pour croiser celui de Dale.

— Tout ce qui compte, c’est que j’ai contacté le procureur qui a examiné l’affaire et elle m’a demandé de venir la voir. Je ne pouvais pas… Je ne peux pas, c’est trop tôt. Mais elle m’a donné un numéro et j’ai parlé à ce gars et c’est… c’est tout.

Nik avait pris l’appel et c’était lui qui écoutait ce que Robert disait, ce qui, ils devaient en convenir, n’était pas beaucoup.

— Allons droit à l’essentiel, Dale. Il y a de l’activité ici.

La voix de Nik indiquait sa préoccupation et Dale se redressa dans son fauteuil. Il devait faire avancer les choses.

— Alors pourquoi avez-vous contacté le bureau du procureur, Robert ? En fait, avez-vous la moindre preuve concrète concernant la mort d’Elisabeth ? résuma Dale en insérant une note d’impatience.

Frustré, Robert baissa les yeux vers la table.

— Écoutez…

Il changea de sujet.

— Si je peux aider…

— Aider comment ?

— Elle a été assassinée, non ?

Robert releva son regard et là, il y avait de la passion dans ses yeux.

— Elisabeth a été assassinée et je pense… Je sais… que mon père, mon oncle ont quelque chose à y voir.

Dale s’adossa à son fauteuil. C’était peut-être, certainement, mieux que tout ce à quoi Nik et lui espéraient que le gosse leur dirait. Il cacha sa réaction du mieux qu’il put.

Revenons aux informations.

— Quelle preuve avez-vous ?

— Donnez-moi trois jours et je vous obtiendrai votre preuve.

— Quelle preuve ? demanda à nouveau Dale.

Robert jeta un coup d’Å“il autour de lui et revoilà l’air de lapin effrayé.

— Mon père…

Robert cracha pratiquement le mot.

— … doit aller en réunion d’affaires en ville dans deux jours. Je l’aurai alors. Des documents financiers. Un protocole d’audit. Des vidéos. Je sais où se trouve tout ça. Je peux vous en obtenir assez pour tous les détruire. Mais j’ai besoin de quelque chose de votre part.

— Quoi ?

Dale soupira intérieurement. Il imaginait qu’il connaissait déjà la réponse. Le gamin voulait probablement de l’argent.

— Quand je vous remettrai les preuves concernant les frères et Elisabeth, alors je me rendrai également et le procureur me mettra en sécurité jusqu’au procès.

Pas d’argent, alors ? Juste une protection ?

— Vous êtes à ce point convaincu que votre preuve conduirait Greg Bullen jusqu’au procès ?

— Cela fera tomber l’ensemble du château de cartes.

Robert avait l’air si confiant, catégorique que ce qu’il pourrait donner au procureur suffirait à faire traduire en justice son père et toute la famille Bullen.

— Je le donnerai au procureur, répondit-il à Robert.

Ou au Sanctuaire, pensa-t-il. Il avait également besoin de vérifier cette situation avec le FBI. Qu’avait voulu dire Robert en indiquant que le FBI ne l’avait pas aidé avec sa mère ? L’ex-femme de Greg était morte il y a longtemps, peut-être que le FBI n’avait pas vu la valeur de l’information. Peut-être cependant, qu’il y avait autre chose à ajouter au réseau de mensonges qui tissait une toile autour des Bullen.

— Dale, l’avertit Nik dans son oreille. Près de la porte d’entrée. Je suis dehors pour le suivre. Tu dois renvoyer le gamin.

— Je dois y aller. Et vous aussi, dit brusquement Dale.

— Quoi ?

Robert cligna des yeux en le regardant avec surprise devant la rafale de mots.

— Celui qui vous suit vous a rattrapé. Éloignez-vous d’ici et si quelqu’un demande…

Dale chercha quelque chose à dire.

— Très bien, dites-leur que je suis un détective privé qui recherche un vieil ami d’université.

Son histoire de couverture en tant que détective privé était fermement en place et devrait guider les recherches de ces gens sur Dale.

Robert pâlit et la lueur apeurée revint dans ses yeux.

— Quel ami d’université ? demanda-t-il, paniqué.

Dale ignora la question tandis que Nik décomptait dans son oreille. Celui qui avait suivi Robert était juste à l’extérieur du Starbucks. Il se leva et lui passa une carte avec son numéro de téléphone portable sécurisé ainsi que celui de Nik, avec un simple « appelez-nous ». Il se fondit dans la foule et, sans jeter un seul coup d’Å“il en arrière, il disparut.



***



Se glissant dans le SUV de Morgan, il s’effondra sur la banquette arrière.

— Dale ? Est-ce que tout va bien ? Où est Nik ?

Morgan avait l’air inquiet et jeta un coup d’Å“il par-dessus l’épaule de Dale, cherchant clairement son amant.

— Il va arriver.

Comme pour appuyer ses mots, Nik grimpa dans la voiture et se retourna sur son siège.

— Penses-tu que Robert cherche à se moquer de nous à propos de ces preuves ? demanda Nik sans plaisanter.

Il avait l’air pensif. Dale faisait confiance à son instinct lorsqu’il répondit.

— Je ne crois pas. J’ai le sentiment qu’il connaît des choses qu’il ne devrait pas.

— Il est prêt à se retourner contre son père ?

Morgan ne faisait que dire ce que Dale pensait. Il haussa les épaules.

— Il a dit qu’il pouvait nous remettre des preuves.

— Cela pourrait être une sorte de piège.

Nik saisit la main de Morgan. Il était toujours hyper vigilant dès que son amant était concerné. Le contrat sur la tête de Morgan n’existait peut-être plus, mais il n’y avait aucun moyen que Nik le perde.

— Je ne pense pas, répondit Dale dans un murmure. Il avait l’air effrayé, en colère, mais pourtant totalement déterminé. Mais bien qu’il le soit, je ne suis cependant pas tout à fait certain qu’il ne se fasse pas prendre.

— Il est dans cette maison depuis six mois. En quelque sorte, il l’a fait jusqu’à présent.

Morgan paraissait sur la défensive et Nik se pencha pour voler un baiser.

— Tout le monde n’est pas aussi brave que toi, Morgan, dit-il en reculant. Qu’ai-je manqué ?

Cela visait très ostensiblement Dale qui dût résumer la situation en aussi peu de mots que possible. Seigneur, c’était difficile. L’enquêteur en lui voulait croire que Robert était fort et pourrait en effet leur donner suffisamment d’informations pour savoir ce qui était arrivé à Elisabeth. En tant qu’ami de Morgan, il le voulait également.

Morgan avait cet intense besoin de savoir pourquoi la jeune femme qu’il avait vue se faire tuer avait été abattue dans la ruelle, et Dale aimait bien le petit ami de Nik. Mais l’opérateur du Sanctuaire qu’il était devenu avait vu dans le jeune homme que Robert était, quelqu’un de déterminé, mais de vulnérable et d’apeuré. Nik et Morgan n’avaient pas besoin d’entendre ça tout de suite. Son instinct le guida dans ce qu’il devait dire.

— Il a dit qu’il peut obtenir des preuves afin de prouver que Greg Bullen s’est arrangé pour faire tuer Elisabeth. Je le crois.

Morgan hocha la tête, rassuré, mais tout ce que Nik fit fut de hausser un sourcil. Dale refusa de reconnaître la question sur le visage de son ami. Ils devraient avoir foi dans le fait que Robert pourrait y parvenir.

La foi était tout ce qu’ils avaient.




Translation News for Sanctuary

Guarding Morgan (Sanctuary #1)


In case you missed it, Guarding Morgan translations went live today. Protéger Morgan

This is book one in the Sanctuary series and sales are going well so far :)

I am also looking into getting Guarding Morgan translated into German. Watch this space. :)  

The Only Easy Day (Sanctuary #2)

I'm pleased to announce I have contracted to have book 2 translated into French and Italian. 

Italian - L’unico giorno facile - Santuario libro II - release date 3 July

French - Le Seul Jour Facile - Le Sanctuaire Tome 2 - release 3 July 

As usual BitterGrace is working her magic on the original artwork to create covers for the translations :)

More details to follow... 



Protéger Morgan

French Translation of Guarding Morgan

Title : Protéger Morgan
Série : Le Sanctuaire - Tome 1

Morgan Drake est témoin d’un meurtre dans une ruelle. C’est la seule personne qui peut témoigner lors du procès du flic responsable du crime. Quand la maison sécurisée où le FBI le cache est compromise, il suit les instructions de l’agent en charge et s’enfuit.

Nik Valentinov travaille pour le Sanctuaire, une fondation qui offre une protection aux témoins quand la sécurité promise par le FBI est remise en cause.

Lorsque le flic responsable de Morgan l’envoie à Nik pour assurer sa sécurité, ni Morgan ni Nik n’auraient pu imaginer que deux semaines seuls dans une cabane perdue dans les bois bouleverseraient leurs cÅ“urs avec autre chose que le simple fait d’essayer de garder Morgan en vie.

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Extrait

Chapitre Un

— Vingt, cent soixante-six, Altamont, Ouest, Cat Black, tarte au citron, vingt, cent soixante-six, Altamont, Ouest, Cat Black, tarte au citron…

Les mots se répétaient dans la tête de Morgan Drake, comme une litanie, encore et encore au cas où il oublierait. Son ombre du FBI lui avait fait assimiler les mots jusqu’à ce qu’il puisse les répéter dans son sommeil.

— Juste au cas où, Morgan, d’accord ? S’il y a un problème, vous prenez les clefs et la voiture que je vous ai montrée dans le sous-sol du parking d’à côté, et vous attrapez l’autoroute vingt de l’Ouest sur la 166, puis vous vous dirigez vers Altamont, avenue Ouest, trouvez une librairie nommée Cat Black Books. Quelqu’un vous localisera là-bas, et il aura besoin d’un mot de passe, d’accord ? C’est « tarte au citron ». C’est un homme à qui je confierais ma vie et son nom est Nik. Je vous écris son numéro de téléphone sur ce papier. Vous devez le mémoriser au cas où je ne pourrais pas le contacter. Pouvez-vous répéter… Vingt, cent soixante-six, Altamont, Ouest, Cat Black, tarte au citron. Après moi…

Il perdit le rythme des mots alors qu’une berline noire le rattrapait puis le dépassait à grande vitesse. La peur l’envahit à nouveau, et il essaya de ne pas hyperventiler. Taylor lui avait dit que cette voiture serait sécurisée dans tous les sens du terme : réservoir plein, en bon état et avec des plaques d’immatriculation le reliant à un enseignant en primaire du Queens. Le parcours complexe jusqu’au garage où la voiture était garée signifiait qu’il n’avait probablement pas été suivi. Peut-être. Il ne pouvait pas arrêter la voiture.

— Ne cessez pas de conduire, Morgan. Ne vous arrêtez pour rien, ni pour personne, une fois sur la route. Ni le FBI. Ni les flics. Personne !

Taylor finissait toujours ses phrases par une simple question.

— Avez-vous compris ?

Non, Morgan ne comprenait pas.

Depuis la minute où il avait pris la décision d’être le conducteur désigné après une soirée au bureau, tout avait dérapé. Une heure d’une terreur totale pendant laquelle son monde avait été détruit et où il avait fini dans une maison sécurisée du FBI, protégé par un agent bourru qui jouait une médiocre partie de poker. Obsessif et exigeant concernant la sécurité de Morgan, Taylor Mitchell, agent du FBI, dirigeait la maison d’une main de fer, ne laissant pas Morgan sombrer un seul instant dans le rôle de la victime. Ils avaient parlé de tout ce qui pourrait mal tourner. Taylor avait évoqué avec Morgan les pires scénarios, ce qui lui avait littéralement retourné le cerveau… coups de feu, chaos et mort imminente. Morgan n’était pas sûr que c’était ce que son protecteur était censé faire. Mais il aimait bien l’homme et s’il devait faire un choix entre Taylor et l’autre agent qui travaillait avec lui, il accepterait ses avertissements, à chaque fois. Surtout, étant donné que l’autre gars avait mauvaise haleine et qu’il portait des vêtements ringards.

Seigneur.

Taylor et Morgan en avaient seulement parlé avant d’aller dormir. Morgan avait cherché à être rassuré, qu’il serait en sécurité et Taylor avait uniquement été en mesure de lui dire qu’il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour le garder en sécurité. Si quelque chose arrivait, ou tournait mal, il connaissait un autre homme, d’un organisme tout à fait distinct du FBI pour aider Morgan. Une agence privée nommée Le Sanctuaire. Seulement appelée dans les pires moments, c’était là une option, si cela s’avérait nécessaire. Un ami à lui travaillait pour Le Sanctuaire, une agence pour assurer la protection de ceux qui en avaient besoin. En fait, plus qu’un ami. Son ex-partenaire du FBI. Morgan avait écarté l’information d’un geste, naïvement, comme cela s’était avéré plus tard.

— Comment quelque chose pourrait-il mal tourner ? Je suis avec le FBI, et le procès se tiendra dans deux semaines, puis tout reviendra à la normale.

— Même le FBI peut être compromis, Morgan. Ne regardez-vous jamais la télé ?

Taylor avait arboré une expression sérieuse.

Maintenant, avec ce dernier gisant blessé et peut-être mort sur le plancher de la maison, tout ce sur quoi Morgan pouvait se concentrer était la liste des directives qu’il avait besoin de se remémorer, la promesse d’une possible mort à portée de main. Il attendait que la berline fasse demi-tour et se dirige vers lui avec un gars dangereux qui sortirait une arme par la fenêtre, mais au lieu de cela, la voiture mit son clignotant et quitta l’autoroute.

Le souffle de Morgan restait erratique et paniqué, amplifié par la douleur dans son torse, son bras gauche et sa tête lancinante. Mais en dépit de cela, il essayait de se calmer. Il ne voulait pas prendre le risque d’allumer la radio. La musique pourrait l’aider à retrouver un semblant de sang-froid, mais merde, et si cela signifiait qu’il ne pourrait pas se souvenir des mots dans l’ordre ? Il finirait probablement au Canada ou autre, les méchants le pourchassant et le supprimant de l’équation dans une effusion de sang et de coups de feu.

Oui, Morgan regardait les séries policières avec des inspecteurs intelligents ou des agents du FBI en costumes qui bafouaient la loi et gardaient le pauvre garçon des rues sain et sauf. Il avait aussi vu que les premiers témoins de ces séries se faisaient inévitablement tirer dessus, entre les deux yeux, dernier maillon des preuves sur une grosse affaire de meurtre. Il avait également vu que, parfois, un agent du FBI était corrompu et qu’un flic pouvait finir du mauvais côté de la barrière. Il aimait bien ces séries. Il ne voulait tout simplement pas être dans un de ces films.

— Vingt, cent soixante-six, Altamont, Ouest, Cat Black, tarte au citron, Vingt, cent soixante-six, Altamont, Ouest, Cat Black, tarte au citron…

Il lutta pour éviter de perdre la tête et se força à détendre chaque doigt de sa main sur le volant. Après avoir ouvert la fenêtre, le vent glacial du matin le calma et il inspira profondément, essayant de reprendre la maîtrise de lui-même. Il vérifia dans le rétroviseur. Il n’y avait personne derrière lui ; la route restait déserte et il avait un but.

Vingt, cent soixante-six, Altamont, Ouest, Cat Black, tarte au citron…



Noël à New-York de R.J. Scott - maintenant disponible



C'est Noël et l'homme de ses fantasmes est de retour dans la vie de Chris.

Cela fait bien trop longtemps depuis la dernière fois que Christian Matthews a revu Daniel Bailey. En fait, la dernière fois, Chris était à l'université et était l'assistant du professeur d'anglais chargé d'aider Daniel qui était alors un première année bien trop confiant.

Quelques années plus tard, Chris panse ses blessures après avoir été invité à quitter l'école privée où il enseignait. Il n'a pas de travail, pas d'argent et doit compter sur son amie Amelia pour un job et une petite chambre. Il a besoin d'un sacré miracle de Noël pour que cette saison soit autre chose qu'un gâchis total.

Puis Daniel revient dans sa vie et soudain, tout lui paraît possible. Non seulement, Daniel est toujours l'homme que Christian veut plus que tout, mais cette fois-ci, Chris pourrait peut-être bien avouer à Daniel ce qu'il ressent.

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Extrait

Chapitre Un

Mercredi 21 Novembre

Tout a commencé entre une respiration et la suivante, avec la soixante-quinzième répétition du classique de Lennon dans ses oreilles et l’odeur des muffins aux canneberges d’Amelia dans le nez. C’était le paradis et l’enfer avec tous les clichés entre les deux, une surprise qui lui avait donné un coup de pied aux fesses si fort qu’il en était presque tombé.

Daniel.

Daniel Bailey, de Boston Baileys, l’homme que Chris désirait avec passion.

Grand. Très, très grand, avec des cheveux châtains et de beaux yeux noisette, une fossette au menton et des pommettes hautes, Daniel Bailey était la perfection incarnée. Ils avaient étudié ensemble. Daniel était en littérature anglaise pour une validation facile de ses acquis et Chris était l’assistant du professeur d’anglais. Chris avait été assigné au rattrapage d’anglais parce qu’il était si bon avec les « besoins spécifiques » des étudiants. Les besoins en question étaient, dans ce cas, un euphémisme utilisé par ceux qui travaillaient dur à l’université. Utilisé avec beaucoup de dédain pour décrire les élèves qui semblaient s’en moquer totalement. C’était Daniel, le garçon qui n’avait jamais rien eu à prouver. Il n’avait jamais donné l’impression de travailler sur quoi que ce soit. Mais, curieusement, il avait toujours réussi à passer au travers.

Et de toute façon, pourquoi Daniel aurait-il même voulu travailler en classe ? Il n’en avait pas besoin. Bénéficiaire d’un fonds d’affectation spécial à vingt-cinq ans, une Ferrari – deux en fait – garée sur le parking du campus et des vacances en Europe. Avec ça, pas besoin de se soucier d’un plan de carrière – c’était prévu qu’il rejoigne l’entreprise familiale lorsqu’il quitterait l’université. Daniel avait vraiment la vie facile et était une personne avec un halo éblouissant autour de lui.

Il avait toujours l’air bien à vingt-neuf ans, ce qu’il remarqua tout de suite, considérant que Chris avait déjà dépassé la trentaine – plus deux. Toujours aussi grand. Évidemment, non ? Toujours avec de longues mèches bouclées qui s’enroulaient astucieusement autour de son visage, toujours dans un pantalon qui coûtait probablement plus cher que ce que Chris gagnait en une semaine au café et toujours avec ces horribles, mais terriblement onéreux sweat-shirts qu’il aimait tant. Celui-ci avait un curieux mélange de brun et de bleu et sur un homme quelconque, plus petit, plus large, plus laid, cela aurait été un spectacle vraiment horrible. Toutefois sur Daniel, le coton doux était tendu sur les muscles définis de son torse avant de s’élargir sur ses hanches et de recouvrir la zone que Chris avait qualifiée à l’université de purement paradisiaque.

— Chris ? Chris Matthews, est-ce bien toi ?

Chris sursauta à la profonde voix adulte, son membre durcissant incroyablement vite contre la fermeture éclair de son pantalon. Daniel avait cet effet sur lui à l’université et, apparemment, rien n’avait changé. Heureusement, ce qui se passait était dissimulé par le tablier qui déclarait qu’il était l’un des sous-fifres d’Amelia. Daniel lui parlait. La dernière fois qu’il l’avait fait, c’était à la remise des diplômes il y avait plus de dix ans. Puis, il y avait eu l’incident avec le lait de poule de Noël. Merde ! Pourquoi devait-il se rappeler de ça maintenant ? Ici ? Au milieu du rush de cette matinée flippante ?

Ils étaient restés tous les deux à l’université pour Noël et ils étaient les deux seuls qui restaient dans leurs colocations respectives et, plus par chance que par volonté, ils s’étaient retrouvés au café du campus. Le café avait conduit à un débat sur Grand Theft Auto, qui avait abouti à un match revanche une fois de retour chez Daniel.

La maison de Daniel était si différente de la poubelle que Chris partageait avec sept autres étudiants. Daniel habitait dans avec seulement deux autres gars et ils avaient chacun leur propre salle de bain. C’était luxueux, encore un autre exemple des différences entre eux. À ce jour, il ne pouvait toujours pas se souvenir de qui était venue l’idée d’ajouter du lait de poule à la situation mais les souvenirs de ce qui s’était passé ensuite l’avaient poursuivi pendant quelques années.

Daniel avait doucement renversé le contenu de son sac sur le comptoir et Chris avait tendu la main pour arrêter la bouteille de bourbon qui roulait sur le côté. Suivant une recette, ils s’étaient concentrés comme seuls deux jeunes hommes abrutis par la bière pouvaient le faire pour suivre ce qui était décrit dans la recette comme étant le parfait lait de poule. Å’ufs, sucre, noix de muscade, crème, puis brandy, un peu plus de brandy, puis du bourbon que Chris goûté pour s’assurer qu’il était bon. L’alcool l’avait toujours rendu hardi. L’homme de ses rêves se tenait à moins d’un mètre de lui et agitait son bourbon sous son nez, exigeant que Chris lui dise s’il était assez bon pour l’utiliser. Puis, il avait ajouté près de la moitié de la bouteille.

Le premier avant-goût de la concoction avait coupé le souffle de Chris. Ensuite, le deuxième avait engourdi la douleur. Il ne gardait que très peu de souvenirs de ce qui s’était passé les quelques heures suivantes, à part qu’ils avaient échangé de fréquents baisers sous le gui de Noël. Ce qui avait été une totale perte de temps étant donné que son membre avait été affecté par tout cet alcool. La chose volage n’aurait jamais pu se redresser, même si Brad Pitt était entré dans la pièce, complètement nu et demandant de se faire sodomiser. Il s’était réveillé à l’étage, la bouche pleine de quelque chose qui puait atrocement, Daniel ronflant sur le canapé, son cul toujours vierge. Chris était parti. Il avait parcouru les deux blocs qui le séparaient de son domicile et avait passé le reste de la journée à empoigner la cuvette de porcelaine, vidant plus de dix fois le contenu de son estomac. Mais les baisers… il en avait voulu d’autres. Il ne les avait jamais eus cependant.

Et maintenant, l’homme qu’il avait essayé d’oublier se tenait ici, à la recherche d’une réponse rationnelle d’un type normal, mais tout à coup, la tête de Chris était vide. Dans son esprit, il savait exactement ce qu’il devrait dire et comment il devrait le dire. Mais comme le cliché ringard contenu dans chaque film, ce qui sortit au final fut à peine plus qu’un petit cri qui ne pouvait probablement être entendu que par des adolescents ou des petits chiens. Il toussa, faisant tout un spectacle, se tapotant la gorge après sa toux et déglutissant avant de recommencer.

— Salut.

Éloquent, non ?

— De l’université. Chris Matthews, c’est bien ça ? ajouta prudemment Daniel.

Il avait l’air un peu confus, arborant une expression qui montrait son inquiétude qu’il ait pu faire une erreur sur le nom de Chris, ou qui indiquait qu’il ne le reconnaissait pas vraiment.

— Muffins, commença Chris, hum, oui, Chris, université, je fais… Je travaille… euh… muffins.

Eh bien, au moins cela avait eu le mérite de tuer son érection. Quatre ans d’études à l’université et il en était réduit à bégayer comme un idiot avec zéro compétence verbale à la vue du grand brun sexy.

Daniel sourit. Un large sourire heureux qui atteignit ses yeux noisette plissés et tout son visage. Et bon sang, il y avait à nouveau ses fossettes, dans le genre mignonnes petites cavités – et pensait-il vraiment à ce mot ? – adorables.

— Ça fait longtemps que nous ne nous sommes pas vus.

Daniel voulait manifestement échanger une conversation et Chris se tenait là avec l’esprit confus. C’était tout simplement honteux que son cerveau et sa bouche semblent avoir de gros problèmes de connexions pour sortir quelque chose de cohérent.

— Uh-huh, réussit-il à sortir.

Daniel avait toujours eu le don de le rendre totalement incohérent. Il dansa d’un pied sur l’autre, espérant se montrer discret. Et, puisqu’il ne trouvait rien d’autre d’intelligent à lui dire, il lâcha :

— Que puis-je faire pour toi ?

Il n’avait pas voulu que son ton soit aussi rapide, mais c’est la façon dont il sortit. Chris jura intérieurement devant ses inaptitudes sociales, lui faisant sortir des inepties et ne se manifestant que lorsqu’il était autour de gars particulièrement sexys.

Il semblait que c’était maintenant au tour de Daniel de rester calme tandis que la lueur enthousiaste dans ses yeux faiblissait et que ses larges épaules se raidissaient en une fraction de seconde. Cela ne dura pas longtemps, Chris l’avait peut-être même imaginé, c’était si bref, puis Daniel relâcha ces mêmes épaules étonnamment larges, se concentrant avidement sur la présentation de muffins tentants dans la vitrine et désigna enfin ceux aux canneberges.

— Douze de ceux-là s’il te plaît.

Chris les rangea dans une boîte, appliquant un soin méticuleux dans ce qu’il faisait afin de ne pas avoir à regarder Daniel, ni à croiser son regard. Il tendit la boîte à l’autre homme, lui offrant un petit sourire, mais Daniel ne le lui rendit pas vraiment. Au lieu de ça, il tendit un billet de vingt dollars. Chris fouilla sa caisse pour rendre la monnaie, comptant soigneusement deux dollars et vingt-cinq cents, les posant dans la main tendue de Daniel avant que celui-ci ne le regarde avec expectative, puis son attente se transforma en confusion et, enfin, il tourna les talons et s’en alla.

— Tu parles d’un homme sexy !

Chris entendit les mots murmurés et le petit sifflement appréciateur. Il se retourna pour faire face à Amelia, sa patronne, qui jonglait avec un plateau rempli de nouveaux muffins et d’une assiette pleine de gâteaux à la crème.

— Hmm ?

Il n’avait pas suivi ce qu’Amelia disait, mais manifestement, elle parlait des muffins, non ? Chris lui prit immédiatement le plateau des mains, les rangeant dans la vitrine.

— Ce gars que tu viens de servir : le grand brun sexy.

— Daniel.

— Oh. Mon. Dieu ! siffla à moitié Amelia entre ses dents. Christian James Matthews, mon salaud, tu as déjà obtenu son nom ? C’est donc vrai quand ils disent que les plus sages sont les plus dévergondés ?

— Je l’ai connu à l’université, d’accord ? Et je ne suis pas un salaud, Ame, dit Chris.

Il réussit à murmurer ça avant que la prochaine personne dans la file d’attente exige son attention avec une commande de trois muffins, un gâteau à la crème, un macchiato et un moka.

Il servit le client et le suivant, repoussant ses pensées de Daniel devant le rush magistral des gens encore au travail en cette presque veille de Thanksgiving et ce besoin de muffins.

En y repensant, même avec l’incident du lait de poule et le fait que, après ça, Daniel ait semblé l’éviter lors des sessions d’études universitaires à l’extérieur, rien n’avait fait disparaître le béguin de Chris pour le jeune homme. Pourtant, il avait quitté l’université sans rien faire pour avouer son engouement. La seule autre chose qui restait coincée dans son esprit était le souvenir de son dernier jour à l’université. Daniel l’avait acculé dans un coin du parking et l’avait attiré dans une étreinte ferme.

— Merci pour ton aide durant mon cursus, avait dit Daniel.

— Pas de quoi, avait déclaré Chris.

Sa réponse avait été la même que celle qu’il avait donnée à tous les étudiants de première année qu’il avait aidés. Courte et droit au but.

— Je te reverrai dans quelques années, avait ajouté Daniel.

— Bien.

Ce n’était que plus tard, quand il était dans sa voiture à écouter le choix étrange de musiques de sa mère, qu’il avait compris ce que Daniel avait dit. Dans quelques années ? Il avait douté revoir un jour le jeune homme.

Et alors que faire si Daniel avait été l’objet de plus d’un des fantasmes de Chris avec sa main droite au cours de ces onze et quelques dernières années ? Et alors que faire s’il venait probablement de perdre toutes ses chances de pouvoir parler au gars en tant qu’adulte confiant et sûr de lui ? Il n’allait sûrement jamais revoir Daniel à nouveau. New-York était une ville immense et Amelia, bien que populaire, était juste un café hors des sentiers battus.

C’était une honte. Parce que, vraiment ? Daniel Bailey était toujours aussi sexy.



***



Daniel enfila son uniforme dans le vestiaire et se précipita vers son bureau. Il laissa tomber la boîte des douze muffins aux canneberges sur sa table. Il commença à compter mentalement à rebours à partir de dix et ne fut pas surpris que ce soit son partenaire, Alex Strachen, qui fasse le premier commentaire.

— Les muffins font toujours aussi gays, Bailey, dit-il. Bon sang, mon petit canari en sucre, tu ne pourrais pas acheter des beignets ou des cookies, quelque chose d’un peu plus masculin ?

— Ha-ha, Strachen, répondit sèchement Daniel.

Il éloigna la boîte d’Alex et referma le couvercle.

— Je vais juste les amener à l’administration alors.

— Ne réagis pas comme ça, déclara Alex.

Il tendit la main et la secoua, paume tournée vers le haut.

— Donne-les-moi.

Daniel posa délibérément la boîte devant son partenaire et se réinstalla dans la chaise la plus proche avant de se pencher en avant pour se prendre un muffin.

— Est-ce ceux de Grand Street ? demanda Alex, la bouche pleine de muffin.

Il indiqua l’adresse sur le côté de la boîte.

— C’est à dix pâtés de maisons d’ici.

Il avala la bouchée et prit une gorgée de café, grimaçant devant ce que Daniel savait être un café dégoûtant.

— Et dans le sens opposé de l’endroit où tu vis.

— Excellent travail de détective, déclara Daniel.

Il mordit dans la pâtisserie et toutes les canneberges et le jus du gâteau éclata sur sa langue. Seigneur ! Ces muffins étaient le paradis dans une boîte. Il les regarda disparaître un par un tandis que d’autres officiers se servaient. Une petite part de lui regretta d’avoir partagé. Cependant, une boîte vide signifiait qu’il pourrait y retourner après Thanksgiving et voir Chris à nouveau.

— Cela a-t-il quelque chose à voir avec ton gars ? L’as-tu retrouvé ?

Alex se pencha et parla doucement. Malgré le fait que chaque personne dans le département sache que Daniel était gay, Alex respectait le fait qu’il ne veuille pas parler des détails avec tout le monde pour éviter qu’ils n’envahissent sa vie privée.

— Nous en reparlerons plus tard, déclara Daniel.

Le non-dit était « quand nous serons dehors et loin d’ici ».

Ils s’installèrent dans leur routine d’une nouvelle journée : vérification des rapports, réunions et faisant le point sur ce qu’ils devaient faire. Il était presque midi quand ils se retrouvèrent dans les rues et la neige était une bénédiction car elle semblait avoir tout ralenti. Les gens continuaient à avancer, les voitures à forcer leur chemin à travers les lumières et les virages, manquant de peu les pieds des piétons qui attendaient. Mais il y avait comme un bourdonnement d’excitation dans l’air. La première neige était toujours attendue, avant qu’elle ne fonde ou pire scénario encore, avant qu’elle ne se transforme en verglas. L’air froid de novembre piquait le visage de Daniel, mais c’était bon. Il était chez lui, ici.

— Alors, dis-moi ? Ce gars que tu as traqué, le frère ou quelque chose comme ça, t’a-t-il donné de bons renseignements ?

Daniel détestait utiliser des informations de la police pour traquer l’homme qu’il voulait retrouver et avait donc eu recours aux bonnes vieilles méthodes d’un détective à l’ancienne. Sachant que le frère de Chris travaillait pour le Times, cela avait été un bon point de départ, pour demander des précisions sur l’endroit où il travaillait maintenant. Adresse en main – et son travail quittant deux heures plus tôt – cela voulait dire qu’enfin, après toutes ces années, il allait revoir Chris. C’était étrange que l’homme qui avait donné des cours de rattrapage à Daniel ait fini par travailler dans un café. Dans sa tête, Chris était devenu professeur ou avait poursuivi ses études pour devenir docteur en littérature anglaise. N’importe quoi d’autre que quelqu’un qui faisait du café et vendait des muffins pour vivre.

— Ouais et il travaillait là-bas derrière le comptoir.

— D’où les muffins. T’a-t-il reconnu ?

— Ouais, en effet. J’ai pu remarquer qu’il a tout de suite réalisé qui j’étais.

— Étais-tu en uniforme ?

— Je l’ai laissé ici hier et me suis changé quand je suis arrivé. Je ne voulais pas effrayer le gars dès le premier regard.

Daniel haussa les épaules.

— Il ressemblait à un lapin effrayé et il ne portait pas ses lunettes.

— Tu te souviens qu’il portait des lunettes ? demanda Alex en riant. Mec, tu es vraiment accro ! Tu l’aimes vraiment depuis aussi longtemps ?

Daniel n’avait pas partagé beaucoup de son passé avec Alex. Son partenaire connaissait les grandes lignes : fils de parents riches, éducation privée, obtention de diplôme universitaire, flic. Il ne savait rien à propos de Chris et de l’effet que l’étudiant plus âgé avait eu sur l’étudiant de première année qu’il était. Pourquoi le lui aurait-il dit ? Daniel gardait tout pour lui. Il soupira.

— C’est une histoire inachevée. J’aurais dû le rechercher depuis bien longtemps.

Il le regarda pensivement alors qu’il évitait habilement une collision avec une femme qui s’était arrêtée pour regarder une vitrine en n’ayant que très peu de considération pour les gens autour d’elle. Il grimaça mais continua à avancer. Ils avaient l’habitude de traiter des situations bien pires. Tout le monde ici semblait avoir un ordre du jour à respecter et c’était le travail d’un flic de s’assurer qu’ils le suivaient quel que soit ce que la ville attendait d’eux.

— Alors, pourquoi ne l’as-tu pas surveillé de plus près ?

Daniel repéra un père Noël dépenaillé avec une boîte pour une Å“uvre de charité quelconque, installé au coin de la rue et observa ostensiblement le gars qui sembla sentir son regard et disparut aussitôt. Il avait maîtrisé l’art du regard d’acier ne-cherche-pas-la-merde d’Alex et l’utilisait à bon escient. Parfois, le langage corporel et l’uniforme étaient plus efficaces que des mots.

— Je suppose que ce n’était pas le bon moment. J’étais à l’université, puis je me suis fâché avec ma famille, ensuite la formation et enfin un nouveau rythme. Je viens à peine de m’installer.

— Jeu dangereux s’il était aussi important. Et s’il avait avancé et rencontré un autre grand et bel étalon aux yeux noisette et s’était enfui à Tortuga ?

— Tu me traites d’étalon, Strachen ?

Alex pouffa de rire et répondit à un appel radio. Il y avait un problème dans une rue à côté et soudain, la conversation prit fin.

Tandis qu’ils demandaient les détails – un lapin mort, un escroc, un gamin qui se lamentait auprès de sa mère – Daniel essaya de remettre ses pensées en ordre. Chris avait été choqué de le voir ce matin mais il l’avait reconnu. C’était une bonne chose, non ? C’était exactement le même gars dont Daniel se souvenait. Troublé, mignon – non, pas mignon, magnifique – et toujours avec ce sourire qui provoquait un envol de papillons dans le creux de son estomac. Il y retournerait bientôt, aurait peut-être même le courage de lui demander de sortir avec lui. Décision prise, il se concentra sur le problème afin de savoir pourquoi un enfant de quatre ans avait trouvé un lapin mort dans une boîte à chaussures.

Ça n’arrivait qu’à New-York City.



Coming soon... translations into French and Italian of New York Christmas - Cover Art




Jeté à la rue pour Noël


Noël est une époque de partage - mais que feriez-vous si tout le monde s'en foutait?

Pour Zachary Weston Noël signifie dormir sur un banc du cimetière, dans le froid et la neige, sans perspective d’avenir. Jeté hors de son domicile parce qu’il est gay, il est seul et sans argent et n’a, apparemment, nulle part où aller.

Jusqu'à ce qu'un étranger lui montre que certaines personnes ne s’en foutent pas du tout.

Ben Hamilton est un bleu chez les flics de sa petite ville natale de province. Le soir du réveillon de Noël, il trouve un jeune, fraichement débarqué de la ville, qui a été mis à la porte et qui dort sur un banc du cimetière de l’église. Peut-il être celui qui donnera à Zachary son propre miracle de Noël?

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Extrait

Chapitre 1

Le premier Noël

"Hé! Tu ne peux pas dormir ici. "
Zachary Weston avait fermé les yeux et s’était laissé emporter par le sommeil. Son état d’épuisement était tel qu'il lui était physiquement impossible de rester éveillé plus longtemps. Le sommeil était venu rapidement, celui d’un l'homme désespéré, et ce malgré la douleur lancinante et violente au bas de son dos. Il avait fait avec elle toute la semaine dernière. Ironiquement, les températures glaciales, bien que gelant ses extrémités, aidées à la soulager.

Derrière ses paupières fermées, il voyait un feu qui crépitait dans son âtre. Les flammes rouges et or renvoyaient une douce lumière dans la pièce décorée pour Noël. Un grand sapin de Noël siégeait dans un coin, avec ses lumières féeriques qui scintillaient, ses guirlandes colorées, et ses boules de Noël attrapant et reflétant les couleurs aléatoires.

"Tu ne peux pas dormir ici. "

Les cadeaux étaient dispersés et empilés, de manière aléatoire et irréfléchie dans leur arrangement, tant ils étaient nombreux. Des livres, de l’argent de poche et des vêtements chauds attendaient dans leurs papiers cadeaux festonnés avec du bolduc or et argent, son nom était griffonné en or sur une bonne partie d'entre eux.

"Hey! Tu ne peux pas dormir ici."

Dehors, il neigeait - pas une tempête de neige - mais de gros flocons paresseux qui tombaient dans une danse envoûtante et qui rejoignaient ceux qui formaient déjà un fin manteau neigeux et qui cachaient le jardin de la vue. Le froid signifiait que l'extérieur des fenêtres était recouvert de givre, celui-ci rampait dans des vrilles blanches en dessinant des motifs aléatoires sur la vitre glacée et en reflétant les lumières colorées de l'arbre.

"Hé …"
Zach se pencha, ramassa le premier paquet, regardant sa mère par-dessus son épaule. Elle souriait, heureuse de voir son fils si excité, elle partageait des hochements de tête avec son père. Ils avaient tous deux tant d'amour dans leurs yeux.

"Hey!"
Quelqu'un lui parlait de l'extérieur de la pièce, mais il ne pouvait pas voir de qui il s’agissait. Ça n'avait pas d'importance, parce que s’il se concentrait suffisamment, il pouvait se focaliser sur les cadeaux. Il frissonna, le froid s’infiltrait en lui, et inconsciemment il se déplaça plus près du feu. Il fronça les sourcils quand, bien que plus près, la chaleur autour de lui diminua. Stupide feu. Il prit le cadeau suivant, tirant sur le papier rouge et argent, il découvrit le plus doux des pulls molletonnés, épais, chaud et doux, dans un bleu surprenant que sa mère déclarait identique à la couleur de ses yeux. Malgré le feu de cheminé, il faisait encore extrêmement froid, et rapidement, passant sa tête dans l’encolure, il mit le pull. La chaleur de la matière douce sur sa peau gelée et frigorifiée était à la fois chaleureux et réconfortant. Il sourit alors, enveloppé par les étincelles d'affection et d'amour d'un Noël en famille, comme il l’était avec le chandail.

"Tu ne peux pas dormir ici."


Zach sursauta. La voix à l'extérieur de la pièce était tout à coup juste à son oreille et les derniers vestiges de son rêve n'étaient plus qu'une simple évocation dans son esprit. Brusquement, ses yeux furent grand ouvert et, après une seconde, fixés sur l'origine des mots. Zach ne vit pas grand-chose au-delà de l'image flou d'un badge en argent et d'un uniforme bleu marine, mais il se concentra rapidement sur les yeux de la personne qui lui parlait. Ils paraissaient très sévères sous la lumière des lampadaires, et il y avait des petits nuages blancs qui se formaient dans l’air, créé par la respiration de l'homme. Merde! D'une certaine manière on l'avait vu et on avait rapporté sa présence, ou le flic l'avait repéré. Il allait devoir aller ailleurs, encore une fois. Il tira sur la mince veste qu'il portait, la mémoire d'un tissu bleu et doux clignota dans son esprit et le désorienta un instant.

Zach avait tant espéré pouvoir éviter les forces de l’ordre, il avait, dans un optimisme prudent, pensé que le cimetière pourrait être un lieu de refuge la veille de Noël.

"Désolé," dit-il rapidement, se mettant sur ses pieds aussi vite qu'il le pouvait, ce qui n'était pas vraiment rapide considérant le froid qui l'avait endolori et qui semblait scinder ses os en deux. Il jura lorsque la couverture échappa à ses mains engourdies et atterrit dans la neige à ses pieds. C'était la seule source de chaleur qu'il avait, une pièce élimée, qu'il avait volé aux bonnes œuvres quand la femme en charge lui avait tourné le dos. Et maintenant, la fichue chose allait être mouillée.

Pourtant, il n’avait pas de temps pour s'inquiéter à ce sujet, le flic voulait qu’il bouge. Il se pencha pour la ramasser, pour voir arriver le sol vers son visage à une vitesse alarmante. Des bras puissants l'empêchèrent de tomber face la première dans la neige, mais il sorti de leur emprise rapidement. L'homme pouvait être un flic, il pouvait porter un badge, mais personne ne le touchait. Zach savait ce que les hommes pouvaient vouloir de l’enfant qu'il était encore. Il n'était pas stupide, et il en avait suffisamment esquivé quand il était encore en ville.

"Quel âge as-tu? " lui demanda le flic, l'air inquiet et très professionnel.

"Dix-huit ans, " menti rapidement Zach. Il fit un pas en arrière jusqu'à ce que ses cuisses touchent le banc derrière lui et sur lequel il se reposait quelques secondes plus tôt. Le flic avança avec lui, semblant grand malgré le fait qu’il avait quelques centimètres de moins que Zach, son front plissé par un froncement de sourcils.

"Quel âge as-tu vraiment? " persista le flic, son expression calme, sa voix basse et curieuse.

Zach se mordit la lèvre inférieure, il sentit le sang chaud contre sa langue, les frissons en lui commençaient à se manifester par des tremblements qu’il savait que même le flic pouvait voir. Prudemment Zach leva la couverture, trempée et glacée, en essayant de créer une barrière entre lui et l'agent de police au regard intense.

"Dix-sept ans", dit Zach dit finalement, suppliant à ses dents d’arrêter de claquer, "mais j’aurai dix-huit ans dans quelques jours. " Il ajouta au dernier moment, offrant au flic une porte de sortie. Il voulait ajouter juste laissez-moi tranquille, je ne fais de mal à personne.

"Ben Hamilton, “ dit doucement le flic dit doucement, tendant sa main comme s'il voulait serrer celle de Zach. Zach était confus, incertain, il s’attendait à voir le reflet des menottes, et il serra ses mains plus fortement sur la couverture humide qu'il tenait. Le flic, Hamilton, ne bougeait pas sa main de son côté, il se tenait là ferme et stable. Finalement Zach tendit sa main froide, la texture des gants en cuir de l'agent était douce et étrange sous son toucher.

"Zach", se présenta-t-il doucement, se rappelant de ne pas mentionner son nom de famille. Le flic ne pas le poussa pour le connaître, il hocha juste la tête et retira sa main.

"Alors, Zach, que t’es-t-il arrivé? Pourquoi étais-tu allongé sur ce banc de l'église de Sainte-Margaret la veille du jour de Noël? "

L'agent ne criait pas, il demandait calmement, mais Zach s’était mis immédiatement sur la défensive. Il y avait un air concerné sur le visage du flic, et il fronçait les yeux en posant la question.

"Je ... " Zach s’arrêta, évaluant les mensonges qu'il pourrait dire, pensant aux histoires qu'il avait utilisées pour convaincre les gens de le laisser seul. Aucune bonne idée ne se cristallisa cette fois. Il y avait quelque chose à propos de ce flic, un homme qui ne semblait pas être beaucoup plus âgé que lui, un officier qui n'était pas flic dans une grande ville, mais flic d’une petite ville de province. Il ne ferait pas partie du système de la même manière qu’avec les flics de la ville qui lui disaient qu'il devait rentrer à la maison. Je n'ai pas de maison. Peut-être ... peut-être qu'il devrait lui dire la vérité?

"Je ne peux pas être à la maison en ce moment, " dit-il finalement, grimaçant alors que la main gantée du flic traçait les ecchymoses sur son œil gauche puis vers le bas sur la ligne de sa mâchoire.

"Qui t’as fait ça, Zach ? Est-ce arrivé ici, dans cette ville ? " Les paroles de l'officier tissaient comme une sorte de havre de paix, idéal pour partager des secrets, douces, insistantes, et elles ne sonnaient pas vraiment comme un flic. Zach se recula instantanément du doux touché, une lame glacée d'incertitude le frappa tout à coup alors qu’il songeait au fait qu’il était seul avec cet homme sur le terrain sombre de l'église. Il semblait plutôt sympa, mais si ce n'était seulement qu’un nouvel acte? Prudemment, et en essayant de ne pas révéler ses intentions, il regarda à sa gauche, puis à sa droite. S'il devait courir, il lui faudrait un bon départ, et être retenu ou coincé lui enlèverait cette avance. A droite, un feuillage dense bloqué la sortie ; à gauche c’était la porte du cimetière et l’ombre des pierres tombales. C'était sa meilleure issue. Il déplaça son poids sur son pied droit, prêt à prendre de l’élan et à s’enfuir vers la porte. Sa jambe trembla sous la pression supplémentaire, et il savait qu'il tomberait probablement au premier obstacle. Pourtant, n’importe quel plan offrait plus d'espoir que pas de plan du tout.

"Je suis tombé, " dit-il fermement, la même excuse qu'il avait utilisé presque toute sa vie, celle qui lui avait valu des regards qui allaient du doute à la pitié. Quand il avait dit ces mots aux responsables à la soupe populaire, aux flics du coin, au propriétaire du refuge pour sans-abri, il l’avait été sermonné, on lui avait fait des avances, on avait pleuré, ou on l’avait repoussé avec dégoût. Il n’attendait pas beaucoup plus d'un autre homme qui détenait l'autorité.

"hm hm. " L'agent ne poussa pas pour plus de renseignement, il hocha simplement la tête à cette déclaration et fit un pas en arrière et au loin. Il parla directement dans sa radio. "Je rentre à la maison maintenant. Il n’y avait rien à craindre à l’église. " Les parasites brisèrent le silence qui régnait, la neige amortissant tous les bruits, et une voix grêle répondit au message radio avec une série de codes et un seul nom - Ben. Le flic regarda à nouveau Zach, et Zach jugea que, maintenant que le flic était à deux pas de lui, s'enfuir en direction de la porte serait plus facile. "Tu ne peux pas dormir ici. Je vais te trouver une chambre pour ce soir, et nous gérerons le reste dans la matinée. "

Les yeux de Zach s’élargirent. Il n'allait pas n'importe où avec n'importe qui, à moins qu'il ne soit en état d'arrestation. Ce flic allait lui trouver une chambre? Probablement un motel à l'écart qui n'en avait que le nom. Merde. Pas moyen que cela se produise à nouveau. Il avait à peine réussir à prendre la fuite deux nuits auparavant, indemne, avec une proposition qui lui avait offert beaucoup plus d'espoir que ce que le flic lui proposait. Zach avait dépassé la crédulité.

Se redressant de toute sa hauteur, il pinça ses lèvres avec détermination. Il n'allait pas passer d’un enfer à un autre, il n’en était pas question.

"Non, merci, mais non, je dois ... aller à la gare pour prendre le train. " Il essayait de ne pas laisser le désespoir s’entendre dans sa voix, il essayait de paraître sûr de lui malgré ses dents qui claquaient. Il testait les mots dans sa tête, et il savait exactement ce qu'il disait. Il avait manifestement une raison d'être sur un banc dans la neige la veille de Noël et le flic devait respecter cela. C’était un pays libre.

"D'accord, Zach. " Le flic soupira. "Nous pouvons faire ça de deux façons. Il est tard, et c'est la nuit de Noël. J'ai vraiment envie de rentrer à la maison pour être avec ma famille et tu es en train de rendre tout cela très difficile. Maintenant, tu peux venir avec moi, avoir un repas décent, une douche, et peut-être même des vêtements chauds, et tu pourras alors passer la nuit au chaud dans un lit. Où je peux rendre tout ceci officiel et t'arrêter, te forcer à partir, c'est à toi de faire ton choix. "

Zach entendit chaque mot. Il regardait désespérément autour de lui, la petite église, le cimetière, le banc, la neige, et puis de nouveau le flic face à lui qui avait l'air si jeune. Il était vraiment baisé. Le froid sous ses pieds grimpait le long de ses jambes, apportant avec lui une douleur lancinante. Ses jambes étaient en train de le lâcher. Il avait couru pendant tant de jours, en parvenant à maintenir une avance sur tous et tout, et il n'avait plus que deux jours à tenir jusqu'à ce qu'il puisse s'arrêter. Pourquoi son corps choisissait-il de le lâcher maintenant?

"Alors ? " le flic continua, "Je n'ai pas toute la nuit. Je ne veux vraiment pas passer mon réveillon de Noël au-dessus de ton corps froid en expliquant ta mort au médecin légiste. Donc, ton choix est …?"

Il n'avait pas le choix. C'était une situation sans choix. Il le savait, et le flic le savait aussi. Il se redressa de son mieux, la douleur au bas de son dos le brûlant à son niveau habituel malgré le froid du banc qui avait commencé à engourdir un peu la chair.

"D’accord", déclara Zach doucement. Après tout, c'était un flic. Comment cela pourrait-il être mauvais de vouloir être chaud pour une nuit ? "Pas une cellule ? ", demanda-t-il prudemment.

L'Agent Hamilton tourna sur les talons et commença à marcher dans la direction opposée au banc.

"Non, pas une cellule. "

"Vous promettez ? " Merde! Pouvait-il avoir plus l'air d'un enfant ? Drôle de façon de se faire passer pour un adulte responsable qui avait le contrôle de sa vie.

Le flic s'arrêta et regarda par-dessus son épaule, mettant ses mains dans les poches de sa veste épaisse. Zach se trouva à la regarder avec envie.

"Je te le promets. " Il se retourna, s'attendant clairement à ce que Zach le suive, ce qu'il fit. Il trébuchait sur le chemin glacé, dans les mêmes fines baskets qu'il portait quand il avait été jeté à la rue, il y avait seulement une semaine. Il jura dans sa barbe, car les bottes du flic lui offraient une adhérence sur la neige alors que lui devait gratter ses pieds sur le sol pour le suivre. C'était humiliant de trébucher à chaque pas sur son chemin comme un chiot perdu et pathétique derrière le flic. En même temps, Zach admit qu'il ne pourrait pas distancer le flic s'il décidait d'agir impulsivement, juste pour aller le plus loin possible de l'homme en uniforme. Il le suivait donc du mieux qu'il pouvait.

Ils marchèrent en silence pendant un peu plus de dix minutes dans les rues froides, et vides, ils passèrent le square de la ville et une horloge qui était encastrée dans le mur d'une petite bibliothèque. Elle lui indiqua qu’il était onze heures et demie. Le flic s’arrêta à la petite épicerie avec le signe fermé à la porte, vérifiant la porte et regardant le vide à l'intérieur. Zach regarda seulement le policier faire son travail, éraflant ses chaussures contre une arête de glace sur le trottoir. Ensuite, le policier conduisit Zach vers une maison à la fin d'une rangée d’habitations toutes similaires. Les rideaux avaient été laissés ouverts et Zach pouvait voir le sapin de Noël par la fenêtre, ses lumières de Noël les accueillants alors qu’ils parcouraient la petite allée dégagée. L’agent Hamilton entra, tapant la neige de ses bottes devant la porte d'entrée, et faisant signe à Zach de le suivre.

Zach hésita. Il pouvait sentir la chaleur à l'intérieur, voir les lumières douces, la chaleur d’une maison décorée pour Noël. Pourtant, ce flic lui demandait d'entrer dans une maison. Personne ne saurait que Zach était entré dans la maison. Avec le flic. Avec un étranger.

"Ben ? " La voix était douce, et une femme apparue à l'intérieur du hall bien éclairé, s'arrêtant aux côtés du policier. Elle était petite et soignée et elle avait une mine préoccupée sur son visage. Elle lui rappelait sa propre mère, sans le regard totalement épuisé et abattu qu'elle semblait toujours porter. "Il y a un problème ? " Le flic retira sa veste et l'accrocha à la patère, puis il enleva ses gants et retira les lourdes bottes.

"Nous avons un invité pour Noël, maman. ", répondit-il doucement, faisant signe à Zach de passer la porte et, comme dans un rêve, bercé en partie par la voix de la femme, Zach enjamba le seuil. La chaleur sur sa peau gelée fut comme des aiguilles chaudes et douloureuses, et il cligna des yeux au changement soudain dans son corps quand la porte se referma derrière eux. Une torsion momentanée de peur le rendit nauséeux. Il n'avait pas été enfermé à l’intérieur, par une porte, depuis une semaine et d'être là le faisait se senti comme enfermé dans une prison aussi rapidement que vous pouviez dire "intérieur douillet".

Le flic - Ben - le guida dans une pièce sur le côté où un feu sifflait derrière sa grille, le sapin se tenait près de la fenêtre, et des cadeaux étaient éparpillés de manière nonchalante au pied de celui-ci. Zach eut alors son premier vrai regard sur l'homme qui l'avait sorti du cimetière. Il était un peu plus petit que lui, solide et musclé avec des cheveux et des yeux marron foncés. Il portait bien l'uniforme, soigné de près. Zach détestait les uniformes. Mais ce flic n'avait pas l'air officiel comme les forces de l’ordre qu’il avait croisé dans les parcs de la ville ou devant les portes cochères où il avait dormi. Il n'avait pas l'air tourmenté, suspicieux ou dur. Cela troublait l'esprit de Zach d'être confrontés à cette contradiction.

"C'est Zach. Il a besoin de quelques vêtements et d'un endroit pour dormir ce soir. " La voix de Ben était grave et sûre. Il ne fit pas d'excuses pour avoir amené un étranger dans la maison de sa mère, et en retour, elle ne semblait pas du tout en colère. Quel genre de Stepford soap-opéra était cette maison ?

"Bonjour, Zach. " Il grimaça au ton doux de la mère du policier. "Vas prendre une douche pendant que je vais te réchauffer de la soupe. " Elle n'attendit pas qu'il lui dise oui ou non, mais à ce point, la pensée d'une salle de bain propre, de vraies toilettes, et peut-être d’une douche était suffisante pour faire pleurer Zach. "Ben, montres la salle de bain à Zach, donnes lui un rasoir et des serviettes propres, et fouilles dans tes affaires tu lui trouveras peut-être un survêtement, chéri. " Elle lui sourit, mais Zach était désorienté, épuisé, et dans la douleur. Tout ce qu'il pouvait faire était de rester debout sur ses pieds, alors former des mots ou parvenir à rendre un sourire...



L'heure suivante, il la passa dans un état second de chaleur et d'eau chaude, sous la douche, la porte verrouillée contre toute personne qui tenterait de rentrer dans la pièce. Le rasoir fit disparaître la barbe de trois jours de son visage. Il n'avait pas utilisé une brosse à dents depuis une semaine, et le dentifrice et la brosse à dents neuve nettoyèrent ses dents alors qu'il se regardait dans le petit miroir embué au-dessus du lavabo. Zach se sentit finalement propre pour la première fois depuis au moins sept jours.

La dernière fois qu'il avait eu la chance de se laver s’était il y a deux jours dans la salle d'attente de la station de bus, et l'eau qui coulait dans la cuvette avait été étrangement brune. Il avait un billet pour quitter la ville dans sa poche, aussi loin que ses dix-huit dollars et vingt cents pouvaient l’amener. Pour sa propre sécurité, il avait besoin de partir de Harrisonburg. Dieu savait où la route allait l’amener, mais alors qu’il suivait avec un doigt le tracé de la I-81 sur la grande carte sur le mur, il avait espéré qu'il pourrait peut-être aller aussi loin que Winchester. C'était là que ses cousins au second degré vivaient, et peut-être qu'ils l’hébergeraient jusqu'après le Nouvel An.

La guichetière derrière la vitre ne lui avait pas ri au nez, mais elle lui avait fait clairement comprendre, avec cette façon désinvolte que seul des adultes vendant des billets réussissaient à avoir, qu'il devrait s’estimer heureux s'il arrivait à mi-chemin. Il avait pris ce qu'il pouvait avoir. Finissant Dieu-sait-où, en Virginie, à mi-chemin de la sécurité.



Il se regarda froidement dans le miroir de plein pied qui se trouvait derrière de la porte de la salle de bains. Son corps avait toujours frisé le trop maigre, parce qu’il grandissait si vite, mais maintenant son corps était décharné. Ses yeux fatigués et sa peau grise rendaient sa maigreur encore plus perceptible. Au moins, ses cheveux étaient propres, blond foncé parce qu’ils étaient mouillés et coiffés en arrière. Ses yeux bleus semblaient sortirent de leurs orbites. Ils étaient injectés de sang et il avait de gros cernes sombres, les ecchymoses violacées sur le bord des orbites n'arrangeaient pas les choses. Il avait l'air pathétique. Il se sentait pathétique.

Le flic lui avait passé un pantalon de survêtement qui était un peu court pour son corps long et mince, mais il était chaud et sec, il était usé par le lavage mais doux sur sa peau propre. Il passa par-dessus sa tête, dont il avait séché les cheveux à l’aide d’une serviette, un T-shirt, puis un sweat-shirt, et enfin se regarda à nouveau dans le miroir de la salle de bain. Des larmes lui montèrent aux yeux instantanément. Pour la première fois depuis des jours, Zach pouvait vraiment se voir dans autre chose qu'une vitrine de magasin. Il savait qu'il avait perdu beaucoup de poids, il pouvait le sentir avec son jean qui refusait de tenir en place. Mais dans le miroir, il ne vit que l’ombre de lui-même battu, épuisé, et vraiment trop maigre.

Il était le stéréotype du gamin de la rue, et ça lui faisait peur qu'en si peu de temps il soit passé de l'adolescent normale jonglant avec ses études à cette image brisée en face de lui.



Il savait qu'il devait aller affronter le flic et sa mère parce qu'il était certain qu'il ne pouvait pas rester dans la salle de bain pour toujours. Prudemment, il ouvrit la porte, une petite partie de lui s'attendant à voir le flic qui l'attendait derrière avec une paire de menottes. Il n'était pas là, mais ça n'aida pas Zach à se sentir moins nerveux. Il reprit le couloir en sens inverse, suivant les voix dans la cuisine. Apparemment, ils parlaient de lui, parce que lorsqu’il rentra dans la pièce, le silence fut immédiat et quelque peu inconfortable. Le flic était assis à la table, une tasse dans ses mains, aillant l’air incroyablement jeune pour un flic dans la lumière de la cuisine. La mère de Ben était à la cuisinière remuant quelque chose dans une casserole. Ses yeux marrons clairs et chaleureux alors qu’elle le regardait, ses lèvres se courbant en un sourire. Il lui fallait faire attention ici, mesurer ses mots, ne pas donner trop de lui-même.

"De la soupe de poulet ça te conviens mon chéri? " Lui demanda-t-elle doucement, avec précaution.

"Mon Dieu oui! ", déclara rapidement Zach, il grimaça à sa perte de contrôle, puis en réalisant ce qu'il avait dit. Il s'était peut-être détourné de Dieu qui l'avait laissé être battu et rejeté par son père, mais cela ne signifiait pas que les autres n'y croyaient pas. Il devait faire attention à ce qu’il disait. "Désolé, madame", lâcha-t-il rapidement. "Je veux dire, oui, je voudrais bien un peu de soupe. "

Le flic grogna son amusement, et sa mère lui tapa l'épaule, le reprenant pour son ricanement inapproprié. Elle versa ce qui sentait aussi bon que le paradis dans un bol, tout en disant à Zach de s'asseoir et décidant ensuite de le regarder manger comme une lionne avec ses petits. Il ne pouvait pas se soucier d'être ainsi observé, pas plus que du policier qui n'avait pas bougé de son siège et qui le regardait également. En fait, ils étaient probablement tous les deux assis en train de juger où le flic l’avait trouvé et à quoi il ressemblait.

"Ben, chéri, tu as fini ta journée? "

"Jusqu'à demain. "

"Vas retirer ton uniforme alors. Tu as encore quelques vêtements à l'étage, du week-end dernier. Peut-être que tu pourrais nous donner à Zach et moi-même le temps de discuter. " Zach leva la tête à cela, le pain mi-chemin de sa bouche. La discussion. Merde. Il était vraiment dans la merde.

"Je reviens dans dix minutes", déclara-t-il clairement et fermement, et Zach le regarda, la mise en garde clairement visible sur son visage - Ne fout pas la merde avec ma mère. Il hocha la tête légèrement, pour faire comprendre à Ben qu'il avait bien reçu le message, et regarda l'homme aux larges épaules sortir de la cuisine.

"Donc, Zach, je devine que tu n'es pas ici par choix? ". Elle commença assez innocemment, en lui servant un autre bol de soupe et en lui redonnant du pain. Elle le regardait attentivement. Il se demanda ce qu'elle voyait quand elle le regardait et il eut honte. Les anciennes et les nouvelles ecchymoses sur son visage à moitié recouvertes par ses cheveux blonds encore mouillés, il les avait mis en avant pour pouvoir les cacher. Il savait qu'il avait l'air plus jeune que ses presque dix-huit ans, il pouvait même facilement passer pour beaucoup plus jeune. Zach était conscient de chaque petite sensation dans son corps, la chaleur, la paix, le calme, l'acceptation, mais s’était si déplacé en ce moment. Il ne méritait pas cela, et il ne savait pas comment le gérer.

"Non, madame", dit-il finalement, mordant dans le pain croustillant dont les miettes saupoudraient sa soupe alors qu’il mangeait. S'il avait la bouche pleine de nourriture, peut-être qu'il pouvait s'en sortir sans rien dire du tout. Il avait écouté suffisamment de sermon dans sa vie pour être en mesure de les éviter.

"Ben m’a dit que tu avais presque dix-huit ans, mais qu'il ne savait rien d’autre, à part ton prénom. "

Merde. Son nom de famille, elle voulait connaître son nom de famille. Il devina que ça n'avait plus beaucoup d'importance maintenant, comme il n'y avait aucune possibilité qu'il rentre chez lui. Il n’y avait plus que deux jours avant qu’il ait dix-huit ans. Il était trop tard pour que la mère du flic puisse retrouver sa famille. Il avala sa bouchée de pain et de soupe et essuyant son visage avec le dos de sa main, et puisa dans la confiance qu’il voyait dans les yeux de la femme.

"Zachary Weston, madame", offrit-il finalement. "J’aurai dix-huit ans, le vingt-sept décembre. " Elle hocha pensivement la tête, et il prit rapidement une autre cuillerée de soupe, la chaleur du doux velouté glissant dans sa gorge. Elle ne parla pas tout de suite, elle regarda juste la tasse entre ses mains avant de poser la question suivante.

"Peux-tu me dire pourquoi tu n’es pas à la maison avec ta famille? " Elle hésita, penchant la tête sur le côté. "Je suppose que je ne devrais pas m’avancer en supposant que tu as une famille. "

"Non, madame, j'ai une famille. Une mère, un père, et une sÅ“ur. Il - mon père – ne veux plus de moi à la maison. "

"Qu'as-tu fait pour mériter ça? Tu fréquentais les mauvaises personnes? La drogue? L’alcool? "

La douleur s’abattit en lui au vu des options qu'elle lui donnait. Les raisons pour lesquelles les jeunes étaient généralement mis à la porte par leurs parents. Elle pensait qu'il était un toxicomane? Il n'avait même jamais touché une cigarette, alors les drogues, ou l’alcool ... Il ferma brièvement les yeux. Pourquoi ne penserait-elle pas qu'il avait commis une faute? Il savait qu'il avait l'air suffisamment malade pour que les gens supposent qu'il prenait quelque chose qui lui faisait du mal. Il détourna son regard, comme s’il était fasciné par sa soupe, ses cheveux retombant devant lui pour le cacher de son regard trop perspicace. Devait-il lui raconter toute l'histoire? Voulait-elle entendre tous les détails? D'autres personnes lui avaient demandé, mais ils ne voulaient pas vraiment entendre.

Devait-il lui donner les détails de son éducation stricte ou que son père, ancien militaire, estimait que les leçons s'apprenaient via les châtiments corporels? Ou l'enseignement à domicile et le fait qu'il n'avait pas d'amis? Peut-être qu'il devrait juste choisir la solution de facilité, une base de vérité de ce qui lui était arrivé. Il ne voulait pas lui mentir. Ce n'était pas en lui de mentir. Il leva les yeux se focalisant directement sur elle, la soupe instable dans son ventre.

"C'est arrivé parce que je suis gay, " dit-il simplement et si doucement qu'elle due se pencher en avant pour l’entendre. Elle fronça les sourcils alors qu'il poussait la chaise de la table.

"Et tu t'es enfui? ", demanda-elle.

"Non! ". La réaction de Zach fut instantanée. "Ils ont essayé de me rendre normal, mais cela n'a pas fonctionné. Je ne voulais pas que cela fonctionne. Alors ils m'ont dit de partir. "

"Je vois", fut tout ce qu'elle dit. Il n'avait pas entendu de dégoût dans sa voix, mais ce n'était pas comme si elle avait immédiatement sauté de joie et pris le jeune gay qui avait été jeté à la rue dans une étreinte.

"Je vous remercie pour la soupe, madame. J'apprécie votre aide, et celle de votre fils. " Il trébucha pour se lever, des fourmis dans les jambes, et il prit la direction du couloir, s'arrêtant uniquement parce que l'officier de police lui bloquait le chemin. L'homme sortait de la douche avec ses cheveux sombres en épi et ses yeux noisette qui le regardaient intensément, il avait moins l’air d’un flic et plus d’un type normal.

"Où penses-tu aller? ", demanda-t-il, sa tête inclinée en posant la question. Zach vit la perplexité dans les yeux du gars, puis regardant plus intensément, il y vit une compassion comme il n'en avait pas vu depuis longtemps.

"Je pars, M. ... l'officier. Ecoutez, je vous remercie pour votre aide. Et je suis désolé. " Les paroles de Zach tremblaient, mais il faisait en sorte que son intention soit évidente. Il était déterminé à partir. Eux aussi, ils ne le voudraient pas sous leur toit maintenant. Au moins, il avait un repas chaud dans le ventre, et il sera damné mais il ne rendra pas les vêtements chauds. Il n'avait qu'à récupérer ses chaussures, et il serait parti. Il pourrait probablement distancer le flic avec une bonne longueur d'avance puisque l'autre homme était debout dans le couloir les pieds nus. Zach baissa les yeux et tenta de le dépasser, mais il fut arrêté par une forte prise sur son bras.

"Maman? A-t-il fait quelque chose? Tu vas bien? " Ben ignora Zach, qui trépignait presque sur ses pieds tout en essayant de desserrer la prise que Ben avait sur son bras, l'anxiété et la panique montèrent à l'intérieur de lui. Il n'avait rien fait à la mère du policier, il ne ferait jamais de mal. Il tirait faiblement sur son bras, mais ce foutu flic avait une prise d’acier.

"Il semble que les parents de Zach l’ait mis à la porte parce qu'il est gay, " répondit-elle. Zach s’éloigna autant qu’il pouvait pour avoir une marge de manÅ“uvre. Soudainement le visage de Ben se tordit de colère. Merde, Zach pensa immédiatement, nous y voilà, et alors que le policier levait une main, Zach se couvrît en vue du coup imminent. Au lieu de cela, le flic posa doucement la main sur son épaule et sembla choisir d'ignorer le fait que Zach avait reculé en arrière de peur.

"Ça arrive souvent, " dit le flic, son visage vide de toute expression, "mais dans cette maison, ce n'est pas un problème. Maman a un fils hétéro, marié et père de deux enfants, et une fille qui a deux petits amis en même temps". Il s'arrêta, le laissant clairement assimiler la première partie "Puis elle m’a moi, son fils, flic et gay. "

"Oh" fut tout ce que Zach put dire, en frottant le bras que Ben avait attrapé pour soulager la douleur.

"Le fait que tu sois gay n’est pas une chose qui pourra affecter ton séjour parmi nous. D’accord? "

Zach se tourna pour regarder la mère de Ben, toujours assise à la table. Elle hocha la tête en accord. C'était étrange. C'était comme un de ses films surréaliste pour filles, qui passait l’après-midi où des gens vraiment beaux étaient gentils avec des jeunes extrêmement seul qui avaient été jetés à la rue. Il cligna des yeux, les yeux s’écarquillant alors qu’il assimilait ce qui venait d’être dit, c’était trop beau pour être vrai, mais d’une certaine façon si réelle.

"Je vais me coucher, Ben. Pourquoi ne resterais-tu pas un moment avec Zach et peut-être lui montrer l'ancienne chambre de Jamie. Il y a des draps propres dans le placard. " Elle se leva gracieusement, plaçant le bol dans l'évier et traversa la pièce pour prendre son fils dans ses bras. "Ellie sera là à deux heure. Elle l’a promis. Alors garde un Å“il sur elle pour moi. "